Ce mémoire examine l’évolution des infections expérimentales provoquées par Leishmania tropica chez les petits rongeurs, en particulier les souris, afin de préciser la chronologie entre lésions locales et infection générale.
L’auteur rappelle la fréquence, chez les souris inoculées par voie intrapéritonéale ou dans le tissu conjonctif sous-cutané, d’accidents locaux marqués, notamment des tumeurs dites testiculaires englobant les testicules. Il discute l’hypothèse selon laquelle l’infection serait d’abord générale, les localisations périphériques n’apparaissant que secondairement et pouvant persister alors que l’atteinte viscérale régresserait.
Ses observations conduisent à une interprétation différente. Chez les souris sacrifiées précocement après inoculation, il constate essentiellement des lésions locales volumineuses, riches en Leishmania, sans atteinte des viscères. En revanche, chez les animaux sacrifiés plus tardivement ou morts de l’infection, les localisations viscérales deviennent nettes, avec présence de parasites dans le foie ou la rate, tandis que la lésion initiale persiste ou s’amplifie. Une expérience comparative menée sur deux souris inoculées dans les mêmes conditions montre qu’à quarante jours l’infection reste strictement localisée, alors qu’à soixante-dix jours elle peut devenir généralisée.
L’auteur souligne également les risques d’erreur lors des autopsies d’animaux inoculés dans le péritoine : la présence abondante de parasites dans la cavité abdominale peut contaminer les frottis d’organes et simuler une atteinte parenchymateuse. En injectant le matériel infectant dans le tissu conjonctif péritesticulaire, il évite cette confusion et confirme que les accidents locaux précèdent l’infection générale, laquelle fait souvent défaut si l’animal est examiné tôt.
En conclusion, chez les souris blanches utilisées, l’évolution habituelle débute par une lésion locale marquée ; la généralisation, lorsqu’elle survient, est tardive et non constante.
