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L'Alliance française et l'enseignement de la langue nationale en Tunisie et en Algérie

FONCIN P.
publié en 1884

À la fin du XIXᵉ siècle, la diffusion de la langue française est présentée comme un moyen d’accroître l’influence culturelle et politique de la France dans les régions méditerranéennes. Une association consacrée à cet objectif se donne pour mission de soutenir l’enseignement du français dans les territoires d’Afrique du Nord, en particulier en Tunisie et en Algérie, en mobilisant des initiatives privées, des réseaux éducatifs et des soutiens institutionnels.

En Tunisie, l’implantation du protectorat s’accompagne d’un développement progressif d’établissements scolaires où le français est enseigné. Des collèges et écoles dirigés par des congrégations religieuses ou par diverses organisations éducatives accueillent des élèves de nationalités et de confessions variées, notamment européens, juifs et musulmans. L’extension de ces institutions entraîne une augmentation sensible du nombre d’élèves et favorise la diffusion de la langue française dans plusieurs villes du littoral et de l’intérieur. Parallèlement, certaines réformes administratives cherchent à moderniser l’enseignement local, par exemple en réorganisant des établissements existants et en intégrant l’apprentissage du français dans leurs programmes tout en conservant l’enseignement de l’arabe.

La situation apparaît différente en Algérie. Si la population européenne fréquente largement les écoles et reçoit une instruction en français, la majorité de la population musulmane reste peu touchée par ce système éducatif. Le faible nombre d’élèves indigènes dans les établissements existants conduit à envisager d’autres méthodes d’enseignement, plus simples et plus adaptées aux réalités locales, afin d’étendre l’apprentissage du français à un public plus large.

Dans cette perspective, l’action associative consiste surtout à soutenir matériellement les initiatives éducatives, à encourager la création de réseaux scolaires et à promouvoir l’usage du français comme langue commune entre populations diverses. L’objectif poursuivi est de renforcer les liens culturels et administratifs entre la France et ces territoires par l’intermédiaire de l’éducation.