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Contribution à l'histoire de la médecine arabe au Maghreb

Isa Ahmed
publié en 1963

Thèse de médecine par Ahmed Taleb en 1963. Ce travail explore une période souvent délaissée de l'histoire des sciences : l'évolution de la pratique médicale au Maghreb entre le XIVe et le début du XXe siècle. Loin de l'éclat de l'« âge d'or » médiéval incarné par des figures comme Avicenne ou Ibn Zuhr, cette ère est fréquemment qualifiée d'obscure, marquée par un déclin apparent où la science semble s'effacer derrière l'empirisme et les superstitions.

L’étude s'appuie initialement sur une analyse critique du dictionnaire des biographies médicales d’Ahmed ‘Isa. Si cet ouvrage visait à compléter les célèbres chroniques d'Ibn Abi Usaibia, l'examen révèle un manque de rigueur historique, l'auteur omettant des sources maghrébines essentielles au profit d'une compilation de notices déjà connues. Ce constat impose une recherche approfondie dans les chroniques locales — mérinides, hafside ou alaouite — pour identifier les véritables acteurs de la médecine régionale.

La structure sociale de l'époque montre une imbrication forte entre les savoirs : les médecins étaient souvent des polygraphes, excellant simultanément en théologie, en droit ou en poésie. Bien que la créativité scientifique ait ralenti, la persistance d'institutions comme les bimaristans (hôpitaux), notamment à Fès, témoigne d'une continuité dans l'exercice clinique. La pratique oscille alors entre la fidélité aux textes classiques (Galien, Hippocrate) et une médecine populaire teintée de magie, tout en conservant des fulgurances thérapeutiques.

Conclusion

Cette synthèse démontre que l'histoire médicale maghrébine ne s'est pas arrêtée au XIIIe siècle. Elle a perduré à travers une tradition de savoirs intégrés, constituant un patrimoine culturel résilient qui, malgré les crises politiques, a maintenu un lien ténu mais réel avec les fondements de la médecine rationnelle.