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Inscriptions latines de l'Algérie. Tome 2

Gsell Stéphane
publié en 1957

L’étude du patrimoine épigraphique de l’Afrique du Nord antique révèle une densité exceptionnelle de vestiges latins, particulièrement dans les régions correspondant à l’actuelle Algérie orientale. Cette zone, autrefois structurée autour de la Confédération cirtéenne et de cités majeures comme Cirta (Constantine) et Cuicul (Djemila), offre un corpus documentaire indispensable à la compréhension de l'administration romaine et de la vie quotidienne des populations locales.

Le travail de recensement, initié par Stéphane Gsell, s’attache à documenter systématiquement les inscriptions découvertes dans ces secteurs. Ce corpus regroupe une grande variété de textes, allant des dédicaces impériales honorant des figures telles que Trajan ou Hadrien aux stèles funéraires plus modestes. Ces dernières, souvent ornées de formules traditionnelles comme Hic Situs Est (H.S.E.), permettent de retracer la démographie, les pratiques onomastiques et les structures familiales de l'époque. On y observe notamment l'usage de noms d'origine punique latinisés, témoignant de l'intégration culturelle progressive de la région.

L’organisation géographique des découvertes suit les anciennes divisions territoriales. Outre Cirta, centre névralgique de la confédération, les recherches mettent en lumière des sites comme Rusicade (Skikda) et les nombreux castella environnants, tels que Castellum Celtianum ou Tiddis. Ces localités, souvent situées au cœur de vastes domaines agricoles ou forestiers, servaient de points d'ancrage à l'autorité romaine et aux échanges commerciaux. L'analyse des supports, qu'il s'agisse de dalles en calcaire, d'autels en marbre ou de fragments architecturaux, souligne également la pérennité de l'occupation romaine malgré les aléas climatiques et historiques.

En conclusion, ce vaste inventaire épigraphique constitue une source primaire de premier plan. Il illustre avec précision la complexité sociale et administrative d'une Numidie intégrée à l'Empire, tout en préservant la mémoire d'une identité régionale singulière.