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Annales de la colonisation algérienne. Tome 7

Peut Hippolyte
publié en 1855

En 1855, la colonisation française de l’Algérie apparaît engagée dans une phase de développement économique et agricole qui repose sur l’extension des cultures, l’amélioration des techniques et le renforcement des infrastructures. L’agriculture occupe une place centrale, avec des progrès particulièrement relevés dans la production céréalière, l’élevage et plusieurs cultures industrielles. Dans la province d’Oran, l’exposition agricole de 1854 témoigne notamment de l’amélioration des blés, des animaux reproducteurs et des produits végétaux. La garance, le tabac, le coton, les oléagineux, la vigne, les fruits secs et la soie font l’objet d’essais et d’encouragements destinés à diversifier les productions.

La culture du coton bénéficie d’une attention particulière. Les mesures d’encouragement adoptées en 1853 ont accompagné son extension et les récoltes de 1854 sont jugées prometteuses, avec des qualités comparables à certains cotons américains. L’expérience montre toutefois l’importance de l’irrigation, de l’entretien des sols et des méthodes culturales. Dans la plaine du Sig, les aménagements hydrauliques favorisent ainsi fortement son développement.

Le développement économique est également associé à l’amélioration des transports. Les routes, les voies ferrées, les barrages et les canaux d’irrigation sont présentés comme des conditions essentielles à l’essor des exploitations et à la diminution du coût des échanges. Le crédit foncier et l’arrivée de nouveaux capitaux sont également considérés comme nécessaires pour accroître les investissements et l’installation de populations agricoles.

Les échanges connaissent parallèlement une progression notable : en 1854, le commerce extérieur de l’Algérie atteint plus de 124 millions de francs selon les données citées, contre environ 104 millions en 1853. La France demeure son principal partenaire commercial. L’ensemble met ainsi en évidence les progrès réalisés, mais aussi les conditions encore nécessaires à une croissance durable : population, capitaux, infrastructures, maîtrise technique et diversification agricole.