Oran sous le commandement du général Desmichels
Joanne Adolphe
Ce mémoire historique et militaire, publié en 1835, retrace les opérations de pacification et les initiatives administratives menées sous le commandement de la division d'Oran entre 1833 et 1835. L'ouvrage détaille le passage progressif d'un état de guerre intense à une ère de stabilité économique et de collaboration politique avec les populations autochtones de cette région d'Afrique du Nord.
La première phase du récit expose la nature spécifique des affrontements militaires contre des cavaliers arabes mobiles et insaisissables, très éloignée des standards tactiques européens. Face à cette résistance déterminée incarnée par le jeune émir Abd-el-Kader, les forces françaises multiplient les expéditions (comme à Tafarao ou Msullen) et renforcent les places d'Arzew et de Mostaganem pour sécuriser la plaine d'Oran.
Conscient de l'inutilité d'un conflit permanent, le commandement privilégie la voie diplomatique dès que l'émir manifeste des intentions pacifiques. Cette démarche aboutit à la signature d'un traité de paix historique qui transforme radicalement la région. Des oukils (consuls arabes) s'installent dans les ports, des officiers français résident auprès de l'émir, et les liaisons commerciales se développent. La sécurité rétablie permet aux négociants européens de circuler librement et entraîne un essor démographique majeur à Oran, dont la population européenne décuple. L'administration concrétise cette prospérité par de grands travaux d'utilité publique : construction de quais, de fontaines, d'écoles, de tribunaux et modernisation des infrastructures militaires. Le rappel final du commandant par les autorités d'Alger, sur fond de désaccords stratégiques et d'épidémie de choléra, met un terme à cette gouvernance.
Conclusion
Ce document met en lumière les dynamiques de transition entre conquête militaire et gestion civile dans la province d'Oran. Il démontre qu'au-delà des succès tactiques, la stabilisation à long terme du territoire reposait sur des accords politiques pragmatiques et sur un investissement structurel d'envergure, jetant ainsi les bases d'une cohabitation économique et administrative nouvelle.
