Accéder au contenu principal

Search Mobile


© All rights reserved. Powered by YOOtheme.

Note sur l'instruction publique musulmane en Algérie

RINN Louis-Marie
publié en 1882

Avant la conquête française de 1830, l’instruction dans la société musulmane d’Algérie reposait principalement sur des institutions religieuses et sur des initiatives locales. L’enseignement élémentaire se donnait dans les écoles rattachées aux mosquées, appelées mekteb, où les enfants apprenaient surtout à lire, écrire et réciter le Coran. Les maîtres, souvent également chargés de fonctions religieuses, étaient rémunérés par les familles ou par des dons. Un enseignement de niveau supérieur existait dans les medersa ou dans certaines zaouïas, où étaient étudiées la grammaire arabe, la théologie, le droit musulman et, plus rarement, quelques disciplines scientifiques. Ces établissements formaient notamment les lecteurs du Coran, les enseignants, les juristes religieux et certains agents de l’administration locale.

enseignement rinn

Après l’installation de l’administration française, ce système se trouva profondément perturbé. Les revenus des fondations religieuses, qui finançaient traditionnellement les écoles, furent réorganisés ou absorbés par l’administration, ce qui entraîna l’affaiblissement de nombreuses institutions éducatives. Une partie des écoles disparut ou continua de fonctionner uniquement grâce aux contributions des habitants.

À partir du milieu du XIXᵉ siècle, l’administration coloniale entreprit de réorganiser l’enseignement musulman. Trois medersa furent officiellement reconnues à Alger, Constantine et Tlemcen afin de former des candidats aux fonctions liées au culte, à la justice musulmane et à l’instruction publique. Leur programme associait l’étude du droit et de la théologie à l’apprentissage de disciplines comme la langue française, l’arithmétique ou l’histoire. Les élèves étaient sélectionnés par examen et pouvaient recevoir un soutien financier pour leurs études.

Malgré ces réformes, les établissements rencontrèrent diverses difficultés, notamment en matière de recrutement, de financement et d’adaptation aux besoins administratifs. Plusieurs réorganisations furent envisagées afin de mieux structurer l’enseignement supérieur musulman et d’assurer la formation des cadres nécessaires aux institutions locales.