Accéder au contenu principal

Search Mobile


© All rights reserved. Powered by YOOtheme.

Corsaires, esclaves et martyrs de barbarie

GODARD Léon (abbé)
publié en 1857

Entre le XVIᵉ et le XVIIIᵉ siècle, les rivages de l’Afrique du Nord deviennent l’un des principaux centres de la course maritime en Méditerranée. Après la chute du royaume de Grenade en 1492 et l’installation en Afrique du Nord d’une partie des populations musulmanes expulsées d’Espagne, plusieurs ports du Maghreb se développent comme bases d’opérations navales. L’arrivée de corsaires d’origine turque et leur intégration progressive dans les structures politiques locales contribuent à la formation de régences liées à l’Empire ottoman, notamment à Alger, Tunis et Tripoli.

Esdaves et martyrs

Dans ces États, la course devient une activité économique et militaire majeure. Les navires européens sont capturés en mer, et les habitants de certaines régions côtières sont parfois enlevés lors de raids. Les prisonniers sont amenés dans les ports nord-africains où ils sont employés à divers travaux, notamment dans les arsenaux, les fortifications, les galères ou les chantiers navals. Une partie d’entre eux est détenue dans des établissements collectifs appelés bagnes, tandis que d’autres sont vendus ou employés par des particuliers. Les captifs peuvent parfois retrouver la liberté par rachat, échange ou intervention d’institutions religieuses chargées d’organiser leur libération.

Les villes portuaires où se développe cette activité, comme Alger, Tunis, Tripoli ou Salé, tirent une part importante de leurs ressources de la course maritime. Le butin, les marchandises capturées et les rançons constituent des sources de revenus significatives pour les autorités locales et pour les équipages. Malgré les expéditions militaires menées par plusieurs puissances européennes et la signature de traités destinés à limiter les attaques en mer, les opérations corsaires se poursuivent pendant plusieurs siècles, dans un contexte de rivalités politiques et religieuses entre les puissances méditerranéennes.