Histoire du 2ème Régiment de zouaves
Archives historiques du Ministère de la guerre
Les Héritiers du Chacal : Genèse et Valeurs du 2e Zouaves
L’identité du 2e Régiment de Zouaves s’enracine dans la création, en octobre 1830, d'un corps d'élite initialement composé de guerriers issus de la tribu des Zouaoua. Ces soldats, réputés pour leur agilité et leur impétuosité, ont rapidement intégré des volontaires français, créant une culture militaire unique où l'audace et la gaieté face aux privations prédominent. Ce "tempérament zouave" s'est forgé dès les premiers engagements au col de Mouzaïa (1830) et lors des rudes sièges de Constantine (1837) et de Zaatcha (1849).
Le 13 février 1852 marque un tournant institutionnel : le régiment unique est scindé en trois unités distinctes. Le 2e Régiment de Zouaves, héritier du 2e bataillon de l’ancien corps, s'établit alors dans la province d'Oran. Sous l’impulsion de chefs tels que Lamoricière ou Canrobert, le régiment développe un esprit de corps fondé sur une discipline consentie et une relation de confiance quasi filiale entre les officiers et leurs hommes.
Le baptême du feu à Laghouat (1852)
À peine constitué, le 2e Zouaves est engagé dans le Sud algérien pour réprimer l'insurrection menée par le chérif Mohamed ben Abd-Allah. L’expédition de Laghouat, conduite par le général Pélissier en décembre 1852, constitue le premier grand titre de gloire du régiment. Dans des conditions climatiques extrêmes, les zouaves démontrent leur polyvalence, alternant entre travaux de terrassement (fondation de Géryville) et marches forcées dans le désert.
Le 4 décembre 1852, l'assaut final contre l'oasis de Laghouat consacre la bravoure de l'unité. Le colonel Cler parvient à planter l'aigle du régiment sur le dôme de la Casbah après des combats de rue acharnés. Cette victoire, bien que coûteuse, assoit définitivement le prestige du 2e Zouaves comme unité de choc de l'armée française, capable d'opérer sur tous les terrains.
Conclusion Le 2e Régiment de Zouaves incarne une transition réussie entre une troupe indigène auxiliaire et une unité d'élite française. Son histoire, mêlant héroïsme militaire et participation active à la construction des infrastructures coloniales, en fait un pilier de la présence française en Afrique du Nord au XIXe siècle.
