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Les prolégomènes d'Ibn Khaldoun. 1ère partie

de Slmane (traduit par)
publié en 1863

L’œuvre monumentale d’Ibn Khaldoun, penseur majeur du XIVe siècle, constitue une somme de connaissances sans précédent sur la civilisation arabe, la sociologie et l’histoire universelle. Traduits et commentés avec rigueur, ses Prolégomènes s’ouvrent sur une autobiographie détaillée, rédigée par l’auteur onze ans avant sa mort, offrant une perspective unique sur le parcours d’un homme d’État et d’un savant de premier plan.

La lignée d'Ibn Khaldoun plonge ses racines dans l'Andalousie médiévale. Originaire du Yémen, sa famille s'établit à Carmona puis à Séville, où elle joua un rôle politique et militaire prédominant sous la dynastie omeyyade, participant aux révoltes de l'époque avant d'occuper de hautes fonctions administratives. Face à l'avancée chrétienne au XIIIe siècle, la famille émigre en Afrique du Nord, s'installant à Ceuta puis à Tunis, où elle intègre le cercle étroit du pouvoir hafside.

Né à Tunis en 1332, Ibn Khaldoun reçoit une éducation encyclopédique auprès des plus grands maîtres de son temps. Il étudie le Coran, la grammaire, le droit malékite et la poésie, mais se distingue surtout par son intérêt pour les « sciences fondées sur la raison » (logique, mathématiques, philosophie). Sa carrière politique débute précocement à Tunis en tant qu'écrivain de l'alama (le parafe impérial), mais les instabilités politiques de l'Ifrikiya et du Maghreb le poussent à une vie d'errance entre les cours de Bougie, Tlemcen, Fès et Grenade.

Acteur et témoin des intrigues de cour, Ibn Khaldoun occupe tour à tour les fonctions de secrétaire d'État, de grand cadi ou de premier ministre. Son parcours est jalonné de succès diplomatiques, comme son ambassade auprès de Pierre le Cruel en Castille, mais aussi de disgrâces et d'emprisonnements. C'est dans la retraite forcée du château d'Ibn Selama qu'il rédige ses Prolégomènes, posant les bases de sa réflexion sur la naissance et la chute des empires. Sa vie s'achève au Caire en 1406, après avoir servi les sultans mamelouks et rencontré le conquérant Tamerlan.

En conclusion, le récit de la vie d'Ibn Khaldoun n'est pas seulement celui d'une ascension individuelle ; il est le miroir des bouleversements politiques du monde musulman médiéval et le fondement d'une pensée qui cherche à extraire, du tumulte des événements, les lois universelles de l'organisation sociale.