Les femmes et les moeurs en Algérie
Gastineau Benjamin
L’Algérie du milieu du XIXe siècle se présente comme un territoire de contrastes saisissants, où la rudesse d'une nature sauvage — peuplée de lions et de panthères — côtoie une société coloniale en quête de repères. Dans ce contexte, la figure féminine occupe une place centrale et paradoxale : alors que l'immigration des Européennes reste limitée par les craintes liées au climat et à l'insécurité, celles qui s'y installent subissent une transformation profonde. Délaissant les « mièvreries » de l'Occident, ces femmes deviennent des « Africaines » accomplies, cavalières émérites et amazones bravant les dangers des forêts de l'Edough ou des montagnes de Kabylie.
La vie sociale, marquée par une certaine mélancolie urbaine due à l'hétérogénéité des populations (Français, Espagnols, Juifs, Maltais), trouve son exutoire dans une existence tournée vers l'extérieur. Les interactions entre les communautés sont régies par des codes stricts, où les préjugés raciaux interdisent souvent les mésalliances, malgré une fascination réciproque. Le paysage algérien, avec ses oasis romaines, ses sources thermales comme celles de Meskoutine et ses bourgades arabes labyrinthiques, sert de décor à des récits d'amour et d'aventure souvent tragiques.
Parallèlement, la culture autochtone maintient ses traditions ancestrales, de la ferveur religieuse des marabouts aux démonstrations de force des fantasias. L'Arabe, fier et tourné vers les grands horizons, contraste avec le colon européen, plus préoccupé par les intérêts matériels et l'organisation d'un territoire encore perçu comme primitif.
L'auteur aborde les questions de liberté sexuelle et de mœurs féminines en Algérie. La prostitution apparaît en toile de fond et via certaines catégories de femmes; mais toujours à travers le regard d’un auteur français du Second Empire, avec les biais de son époque.
Conclusion
Cette Algérie des années 1850-1860 apparaît comme un laboratoire social où s'invente une nouvelle identité, entre conservation des mœurs orientales et émergence d'une société coloniale singulière, forgée par l'épreuve d'un environnement aussi somptueux qu'hostile.
