La juiverie algérienne
Grégoire Fernand
L'ouvrage se présente comme une brochure ouvertement antisémite, rédigée par un auteur qui affirme avoir perdu ses illusions de jeunesse sur la fraternité pour dénoncer ce qu'il considère être un « danger » pour l'Algérie. L'argument principal est que la communauté juive indigène constituerait un « État dans l'État », inassimilable à la nation française malgré l'octroi de la citoyenneté.
L'auteur dresse un portrait exclusivement à charge de la population juive, l'accusant de parasitisme économique. Selon le texte :
- L'usure est décrite comme le principal fléau ruinant à la fois les colons et les populations musulmanes.
- L'absence de contribution productive est fustigée ; l'ouvrage prétend que les Juifs ne sont ni agriculteurs, ni artistes, ni bâtisseurs, mais uniquement tournés vers le commerce et la spéculation.
- L'immoralité est systématiquement mise en avant à travers des anecdotes de fraudes judiciaires, de faillites organisées et d'une recherche obsessionnelle du gain.
Le cœur de la contestation repose sur le décret Crémieux de 1870. L'auteur consacre une grande partie de l'ouvrage à dénoncer la corruption du suffrage universel :
- Les électeurs juifs sont présentés comme une « masse » dirigée par les consistoires, vendant leurs votes au plus offrant lors des scrutins à Miliana, Alger ou Constantine.
- Une alliance entre le Gouvernement général et les élites juives (les « députés cachirs ») est dénoncée comme une menace pour les intérêts des « Français de naissance ».
Le document relate de nombreux troubles urbains (juin 1884 et 1885) présentés comme des réactions de défense de la population française face à des provocations ou des privilèges indus. Il critique également l'attribution de décorations (Légion d'honneur) à des personnalités juives sur la base de services qu'il juge falsifiés.
Conclusion L'ouvrage de Fernand Grégoire se conclut par un appel formel au retrait des droits politiques accordés par le décret Crémieux. Pour l'auteur, la survie de la colonie française en Algérie dépendrait de l'abrogation de cette naturalisation collective, qu'il juge incompatible avec l'ordre social et la moralité républicaine.
