Batna et Timgad
-anonyme
Batna, Lambèse et Timgad : Trois sites archéologiques du Maghreb romain
La région de Batna, située au pied de la chaîne des Aurès, concentre trois ensembles archéologiques majeurs témoignant de l'organisation urbaine et militaire de l'Afrique romaine durant l'époque impériale.
Batna elle-même est une agglomération de création récente, fondée en février 1844. La ville se divise en deux secteurs distincts : un quartier militaire comprenant casernes, hôpital et magasins administratifs, et une ville civile dotée de larges avenues rectilignes bordées de platanes. Les principaux édifices publics incluent l'église, la mairie, la sous-préfecture, une halle aux grains, les écoles et bureaux arabes, ainsi qu'un puits artésien fournissant cent litres d'eau à la minute. L'électrification de la ville remonte à plusieurs décennies.
À onze kilomètres de Batna s'étend Lambèse, l'antique Lambœsis, dont les ruines présentent un intérêt archéologique considérable. Le site révèle l'organisation d'une forteresse militaire romaine, notamment le camp de la IIIe légion. Les structures les plus notables comprennent un prétoire monumental, une porte majeure datant de l'empereur Commode, un arc de triomphe de l'époque de Septime Sévère, des établissements de latrines, un temple d'Esculape et d'Hygie disposé le long d'une avenue bordée d'oratoires, deux places publiques précédées d'un temple double dédié à Jupiter, Junon et Minerve, ainsi que d'importants établissements thermaux et vestigiales d'amphithéâtre. Des aqueducs et plusieurs mausolées complètent cet ensemble architectural.
À quinze kilomètres de Batna se situe Timgad, l'antique Thamugadi, fondée en l'an 100 sous le règne de Trajan par le légat Lucius Munatius Gallus. Utilisant la main-d'œuvre légionnaire, la ville fut construite selon un plan régulier. Détruite lors de l'invasion byzantine menée par Bélisaire vers 515, elle fut partiellement fortifiée par Solomon, général byzantin, dont la citadelle subsiste.
Timgad présente une organisation urbaine caractéristique : deux artères principales (le Decumanus Maximus et le Cardo Maximus) divisent la cité en carrés réguliers. Les édifices découverts incluent quatre portes monumentales, un forum central avec latrines publiques en excellent état, une basilique civile avec salles annexes, des boutiques, une prison, une possible demeure magistrale, la curie du sénat local, un monument à la Fortune Auguste, un temple de la Victoire Parthique, une tribune aux harangues, plusieurs salles de réunion, un théâtre pouvant contenir quatre mille spectateurs, quatre établissements thermaux de différentes dimensions, un temple de Jupiter Capitolin aux colonnes colossales de seize mètres de hauteur, un marché couvert (macellum) avec tables de pierre, un marché aux vêtements, un petit temple panthéon, sept basiliques chrétiennes dont une cathédrale, une salle de réunion en demi-cercle, un musée regroupant sculptures et mosaïques, ainsi qu'un fort byzantin rectangulaire flanqué de tours carrées.
Les résidences se divisent en trois catégories : habitations groupées, îlots isolés de vingt mètres de côté, et demeures de citoyens importants. Un système sophistiqué d'approvisionnement en eau, distribué par fontaines, et un réseau d'égouts encore fonctionnel témoignent du savoir-faire technique romain.
