Le peuplement français de l'Algérie
Bugeaud Thomas-Robert (maréchal)
La conquête militaire ne constitue, à elle seule, qu’une étape dans l’établissement durable d’un pouvoir. Pour assurer la stabilité d’un territoire, elle doit être suivie d’une politique de peuplement, d’organisation administrative et de mise en valeur économique. Cette conception repose sur l’installation progressive de familles agricoles, la création de villages, l’aménagement des terres et le développement des infrastructures, afin de transformer une occupation militaire en implantation permanente.
Le projet privilégie une intervention active de l’État, chargé de préparer les terres, de financer les premiers établissements et d’encadrer les colons. Il critique les grandes concessions accordées à quelques propriétaires ainsi que les initiatives privées insuffisamment organisées, leur préférant une colonisation fondée sur de petites exploitations familiales. Une place importante est également accordée à la colonisation militaire, destinée à associer anciens soldats et mise en valeur du territoire dans un objectif de sécurité et de développement.
L’ouvrage souligne que la réussite d’un tel programme suppose des investissements importants, une administration stable et une action poursuivie sur plusieurs décennies. Il considère que la prospérité agricole, l’essor du commerce et l’augmentation de la population constituent les conditions d’un enracinement durable. Les questions foncières, les relations avec les populations locales et les choix de gouvernement y sont présentés comme des éléments déterminants de cette évolution.
Enfin, le texte retrace les débats politiques qui ont accompagné ces orientations, les désaccords entre leurs promoteurs et les autorités gouvernementales, ainsi que les difficultés rencontrées pour faire adopter certains projets. Il présente ainsi une réflexion globale sur les liens entre conquête, colonisation, administration et développement territorial, en mettant en lumière les conceptions qui ont influencé une partie de la politique française en Algérie au milieu du XIXᵉ siècle.
Cependant, Alain Lardillet, dans une publication de 1991 considère que la politique de colonisation de peuplement en Algérie se solde par un échec: "Le Peuplement français en Algérie de 1830 à 1900: les raisons de son échec".
