Esquisse sur l'Algérie
de T.-C.
Ce tableau de l’Algérie présente la colonisation française comme une entreprise appelée à durer, mais encore fragilisée par les difficultés politiques, administratives et économiques. Après avoir retracé la conquête commencée en 1830, l’auteur insiste sur la reprise des opérations militaires sous Bugeaud et sur le recul d’Abd el-Kader. Il estime que la consolidation de la conquête doit dépasser l’action militaire pour établir une organisation durable.
La colonisation est envisagée principalement sous l’angle agricole. L’auteur critique les lenteurs du domaine, certaines décisions administratives préjudiciables aux colons, le coût de la main-d’œuvre et les difficultés de transport. Il propose d’encourager l’installation de cultivateurs, de leur accorder des terres et de favoriser leur accession à la propriété. Le développement des routes, des ports et des travaux publics doit compléter cette politique.
Les rapports avec les populations musulmanes occupent une place importante. Dans les représentations de son époque, l’auteur préconise de combiner fermeté à l’égard des révoltes, traitement équitable des populations soumises et contrôle des activités religieuses susceptibles d’alimenter l’opposition. Il recommande la surveillance des prédications dans les mosquées et l’introduction de la langue française dans les écoles. Il attribue aussi à la religion catholique un rôle dans le rapprochement avec les musulmans.
L’ouvrage défend ainsi une colonisation méthodique, fondée sur la sécurité, une administration rigoureuse, le développement agricole, l’installation de cultivateurs et l’amélioration des infrastructures. La conquête militaire étant considérée comme largement accomplie, l’enjeu devient son organisation et sa pérennisation.
