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L'Algérie. Tableau historique, descriptif et statistique

Duval Jules
publié en 1859

En 1859, l’Algérie française est présentée comme un territoire méditerranéen de près de 39 millions d’hectares, soit environ les trois quarts de la superficie de la France. Son organisation géographique repose sur trois grands ensembles : le Tell méditerranéen, le plateau central et le versant saharien. Le Tell concentre les terres cultivables et les principaux cours d’eau, les Hauts Plateaux constituent surtout une région de parcours et d’élevage, tandis que le Sahara se caractérise par les oasis et la culture du palmier-dattier. Cette diversité climatique et topographique est considérée comme favorable à une agriculture variée et au développement des échanges.

La population, estimée à environ 2,55 millions d’habitants au début des années 1850, comprend une majorité d’indigènes et une population européenne en forte progression. La description distingue notamment Arabes, Berbères, Maures, Juifs et Noirs, tout en soulignant la diversité des modes de vie et des activités économiques. Les Européens sont principalement concentrés dans les villes et les zones de colonisation agricole. Alger, Oran et Constantine apparaissent comme les principaux centres administratifs, commerciaux et militaires.

L’économie repose encore largement sur l’agriculture, l’élevage et les productions traditionnelles, mais les possibilités de développement sont jugées importantes. L’amélioration de l’irrigation, l’assainissement de certaines plaines, l’exploitation des forêts, le développement des routes et des ports doivent permettre d’accroître la production. La colonisation agricole est ainsi envisagée comme un processus progressif associant capitaux, travaux publics, immigration et mise en valeur des terres.

L’organisation administrative et judiciaire se structure parallèlement : départements, arrondissements, communes, tribunaux, établissements scolaires et hospitaliers accompagnent l’implantation française. L’ensemble traduit, à cette date, une Algérie encore en cours d’aménagement, où coexistent des structures anciennes et des institutions nouvelles, tandis que l’administration poursuit la consolidation de son contrôle territorial et le développement économique du pays.