Coutumes algériennes.
Maunier René
Dans Coutumes algériennes, René Maunier propose une étude sociologique des pratiques, des institutions et des formes de vie collective observées en Algérie dans la première moitié du XXe siècle. Son approche associe l’observation des usages à l’analyse de leur fonction sociale et juridique. Il s’intéresse notamment aux structures familiales, aux relations entre hommes et femmes, aux fiançailles et au mariage, à la polygamie, à la répudiation, aux solidarités tribales ainsi qu’aux échanges rituels. L’agriculture, le commerce, les marchés, la propriété, les fêtes, les pratiques de sociabilité, les croyances et les rites funéraires complètent cette description de la vie quotidienne. Une place particulière est accordée aux coutumes kabyles, tout en recherchant des traits communs à différentes populations d’Afrique du Nord.
L’étude examine également les rapports entre les coutumes locales et les institutions mises en place ou transformées sous l’autorité française. Maunier analyse successivement l’administration, le culte, l’enseignement, la justice, l’état civil, les formes d’assistance et de prévoyance, l’instruction professionnelle, la santé publique, l’habitat et la propriété. Il cherche ainsi à mesurer les effets des changements institutionnels sur les structures sociales existantes, en tenant compte à la fois des adaptations et des résistances. L’ouvrage ne se limite donc pas à un inventaire folklorique : il tente de comprendre les règles, les solidarités et les mécanismes qui organisent la vie collective et leur évolution au contact de nouveaux cadres administratifs et juridiques.
Publié en 1935, l’ouvrage constitue ainsi une contribution à la sociologie et à l’ethnologie juridique de l’Algérie de son époque, en associant description des coutumes, analyse des institutions et observation des transformations sociales.
