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Souvenirs d'un vieux zouave. Tome 1

BLANC M.
publié en 1880

L’ouvrage se présente comme un témoignage de soldat engagé, fondé sur des notes prises « au bivouac » entre 1835 et 1853, puis mises en ordre et complétées par des recherches dans des documents officiels. Dans l’Avant-propos, Blanc justifie son entreprise : la conquête et la « pacification » de l’Algérie ont coûté des efforts immenses, mais la mémoire orale s’altère ; il manque une histoire complète écrite du point de vue des combattants. Son livre entend combler ce vide, sans littérature « fantaisiste », par des récits rapides, techniques et vécus. Il annonce deux volumes : le premier consacré à l’« occupation restreinte » (1835-1841), le second à la guerre d’extension sous Bugeaud.

Le chapitre I mêle histoire du régiment et souvenirs personnels. Blanc retrace la tradition du 2e léger (héritier de la légion des Basses-Alpes), sa réputation depuis l’Égypte, puis sa participation à l’expédition de 1830. Il relate l’épisode sanglant de Dély-Brahim : par imprudence, le 4e léger démonte ses fusils pour les nettoyer ; les Arabes attaquent et massacrent des soldats désarmés, jusqu’à l’intervention décisive du bataillon du 2e léger commandé par d’Arbouville et de la compagnie de carabiniers de Changarnier.

Blanc esquisse ensuite des portraits de chefs : le général de Castellane (discipline, probité, souci du soldat), puis une galerie d’officiers du 2e léger (Chaspoul, Changarnier, Forey, Leflo, Ladreyt de la Charrière, Granchette). Il montre un corps d’officiers socialement et politiquement hétérogène (anciens de l’Empire, gardes royaux, « héros de Juillet »), traversé de rivalités, mais soudé dans le service et le combat.

Le chapitre II décrit l’émoi de la division de Castellane à l’annonce de l’embarquement pour l’Afrique après le désastre de la Macta. Le 2e léger, le 17e léger et le 47e de ligne sont désignés ; après une attente frustrante, l’embarquement a lieu à la fin d’octobre.

Le chapitre III évoque la traversée vers Oran (calmes plats, camaraderie avec les marins), puis le débarquement à Mers-el-Kébir et l’installation à Oran. Blanc décrit la réunion de l’armée : arrivée du maréchal Clauzel et du duc d’Orléans, puis l’admiration suscitée par le général Yussuf, dont il loue l’énergie, l’ascension et les services rendus en Algérie.

Enfin, Blanc critique l’équipement archaïque des troupes (giberne lourde, buffleterie, sac surchargé, vivres mal distribués, usage nocif de l’eau-de-vie), en soulignant que les améliorations ultérieures ont coûté très cher en vies humaines.

L’ensemble combine mémoire personnelle, chronique militaire, portraits et réflexion sur l’apprentissage de la guerre d’Afrique, avec une forte valorisation de l’honneur, de la discipline et du sacrifice des soldats.