Négociations entre Monseigneur l'évêque d'Alger et Abd el Kader pour l'échange de prisonniers
BERBRUGGER Adrien
Le document est un ouvrage publié à Paris en 1844 par Adrien Berbrugger, intitulé Négociations entre Monseigneur l’évêque d’Alger et Abd el Kader pour l’échange des prisonniers. Il s’agit à la fois d’un récit de mission, d’un témoignage historique et d’une justification morale de l’intervention religieuse dans un contexte de guerre en Algérie.
L’auteur présente d’abord le cadre général : la guerre entre la France et les partisans d’Abd el Kader, la pratique antérieure de l’esclavage et du rachat des captifs, et le rôle historique des ordres religieux (notamment les Pères de la Merci) dans la libération des prisonniers chrétiens en Afrique du Nord. Il insiste sur la continuité de la charité chrétienne après la disparition de ces ordres.
Le cœur du texte est le récit détaillé des négociations et du voyage entrepris en 1841 par une commission envoyée par Monseigneur Dupuch, évêque d’Alger, avec l’accord du général Bugeaud. Cette mission, officiellement religieuse et non politique, avait pour but d’organiser un échange de prisonniers avec les autorités d’Abd el Kader.
Berbrugger décrit minutieusement l’itinéraire des négociateurs à travers la Mitidja et le défilé du Wedd Djer, les paysages, les villages (douars), les tentes (guitoun), les postes de tribus (Hadjouths, Soumata, Beni Menad), ainsi que les conditions matérielles du voyage (bivouac, repas, hospitalité, incidents, vols mineurs). Il rapporte les rencontres avec des chefs locaux, notamment le qaïd Cid Ali ben Embarak, et les malentendus culturels autour du rôle de l’évêque, perçu comme un marabout doté d’une autorité politique.
Le récit mêle observations ethnographiques (coutumes, hospitalité, alimentation, rapports de pouvoir), éléments militaires (postes, ravitaillement, sécurité des routes) et considérations diplomatiques. L’ouvrage vise à montrer que l’échange de prisonniers fut possible grâce à une médiation religieuse, conciliant humanité et prudence politique, tout en illustrant la complexité des relations entre autorités françaises, tribus locales et pouvoir d’Abd el Kader.
