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Topographie médicale de Bordj-Menaïel

BERNARD Charles-Claude
publié en 1878

Topographie médicale de Bordj-Ménaïel (Issers), publiée à Alger en 1878 par Charles-Claude Bernard, médecin de colonisation et maire de Bordj-Ménaïel, est une étude systématique visant à décrire le milieu naturel, l’état sanitaire et les conditions d’hygiène d’une circonscription coloniale. L’ouvrage s’inscrit dans une démarche médico-administrative : connaître le territoire pour mieux l’assainir, le peupler et le mettre en valeur.

Bernard commence par une description topographique et climatique précise. Il délimite la circonscription (50 484 hectares, environ 30 555 habitants, très majoritairement musulmans), situe Bordj-Ménaïel par rapport à Alger et distingue trois zones naturelles — littoral, plaines et montagnes — dont il analyse les sols, les eaux, les vents, les pluies et les températures. Il insiste sur la diversité des terrains (argileux, marneux, sableux, calcaires, micaschisteux) et sur la qualité globalement suffisante des eaux, qu’il a fait analyser chimiquement.

La seconde partie porte sur la salubrité et l’histoire sanitaire du territoire. Il rappelle qu’avant l’assainissement, la plaine de l’Isser était marécageuse et très paludéenne. Les travaux de drainage, les défrichements et surtout les plantations massives d’eucalyptus ont profondément transformé le milieu, amélioré l’hygiène et favorisé la colonisation agricole après l’insurrection de 1871.

Vient ensuite une large section consacrée aux maladies dominantes : surtout les fièvres intermittentes (paludisme), puis les affections respiratoires (pneumonies, bronchites) et les ophtalmies. Bernard analyse leurs causes (eaux stagnantes, défrichements, variations climatiques, mais aussi alcoolisme et mauvaises conditions de vie), décrit leurs formes cliniques et leurs complications, et détaille les traitements alors en usage (quinine, arsenicaux, bromure de potassium, bains de mer, etc.).

Enfin, il développe une véritable doctrine d’hygiène coloniale : choix de l’habitation, propreté, éloignement des marais, alimentation, sobriété (condamnation de l’alcool), vêtements adaptés, soins aux enfants et à la dentition. Il conclut par une comparaison sanitaire des trois zones (littoral le plus sain, plaine la plus exposée, montagnes intermédiaires) et par une analyse chimique des principales sources d’eau.

L’ensemble combine observation médicale, expertise environnementale et justification de l’œuvre d’assainissement et de mise en valeur coloniale du territoire.