Bou-Farik : une page de l'histoire de la colonisation algérienne (2e édition)
TRUMELET C.
Le très célèbre "Boufarik" du colonel Trumelet.
Bou-Farik : une page de l’histoire de la colonisation algérienne (2e édition, 1887) du colonel C. Trumelet est à la fois un récit historique, un plaidoyer en faveur de la colonisation française et une commémoration des « colons de la première heure ». L’ouvrage vise à montrer comment un lieu jugé insalubre et hostile a été transformé en centre agricole prospère grâce au courage des colons et à l’action militaire et administrative française.
Le livre s’ouvre par une longue dédicace à Borély La Sapie, présenté comme une figure majeure de la colonisation de Bou-Farik : pionnier du dessèchement des marais, fondateur du comice agricole, premier maire de Bou-Farik (après l’érection en commune en 1851), acteur central de l’assainissement de la plaine et responsable de diverses commissions après l’insurrection de 1871. Trumelet en fait un héros civil de la colonisation.
L’avant-propos expose la thèse centrale : Bou-Farik est un exemple emblématique des difficultés et des réussites françaises en Algérie. Trumelet insiste sur sept années de guerre, d’insécurité, de fièvres palustres et de misère, suivies d’une conquête du sol par le travail, le drainage et la mise en culture. Il défend la colonisation contre les critiques, en opposant selon lui la « générosité » française aux pratiques britanniques.
La première partie décrit Bou-Farik avant 1830 : un marécage quasi impraticable, traversé de sentiers boueux, couvert de joncs et de makis, réputé malsain. Le lieu n’était marqué que par un vieux puits, une koubba dédiée à Sidi Abd el-Kader el-Djilani et quelques arbres. Trumelet discute la tradition selon laquelle certains de ces arbres auraient servi de gibets sous l’administration ottomane, et décrit l’organisation administrative turque (outhan des Beni-Khelil, kaïds, marchés, divisions territoriales).
Les chapitres suivants (amorcés dans l’extrait) relatent les premières expéditions françaises (1830) autour de Blida et de Bou-Farik, les affrontements avec les tribus kabyles, puis l’installation progressive du camp et le début de l’occupation durable.
Dans l’ensemble, l’ouvrage mêle histoire militaire, topographie, mémoire des pionniers et vision téléologique : Bou-Farik passe du « charnier paludéen » à l’« oasis » grâce à la conquête, au drainage et au travail colonial.
