L'Algérie en 1865. Coup d'oeil d'un colonisateur
de CONSENTINO (marquis)
Voici une synthèse fidèle d’environ 1 600 caractères du document :
L’Algérie en 1865. Coup d’œil d’un colonisateur, publié à Paris en 1865 par le marquis de Cosentino, est un essai politico-économique et administratif visant à dresser un bilan de trente-cinq ans de présence française en Algérie et à défendre une ligne de colonisation résolue, continue et centralisée. L’ouvrage est construit comme un plaidoyer raisonné, appuyé sur des faits, des textes juridiques et une lecture critique de l’histoire récente.
Dans l’Avant-propos, Cosentino situe son travail dans une réflexion générale sur la colonisation moderne : l’émigration, la vapeur, le commerce et l’industrialisation imposent selon lui aux États européens une politique coloniale active. Il affirme que coloniser est un signe de vitalité des nations et qu’il traite l’Algérie non comme une question théorique de droit, mais comme un problème pratique d’administration et de développement.
Le chapitre I propose une esquisse historique de la colonisation algérienne jusqu’en 1865, découpée en trois périodes.
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1830-1841 : période d’hésitations et de conflits entre pouvoir civil et militaire, manque de concessions agricoles, polémiques parlementaires, hostilité métropolitaine à la colonie et quasi-paralysie de l’initiative colonisatrice.
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1841-1851 : sous Bugeaud, reprise en main militaire et premiers efforts systématiques de mise en valeur (défrichements, villages, routes, fontaines), mais la guerre, le mauvais choix des immigrants et surtout l’incertitude juridique sur la propriété arabe freinent durablement la colonisation.
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1851-1865 : période présentée comme décisive. Cosentino met en avant la loi douanière de 1851 assimilant commercialement l’Algérie à la métropole, puis l’ensemble des textes sur la propriété indigène (loi de 1851, décrets de 1854 et 1860, sénatus-consulte de 1863). Ces mesures doivent sécuriser la propriété, ouvrir des périmètres de colonisation et stimuler capitaux, travaux publics et immigration.
L’auteur souligne aussi les progrès matériels (chemins de fer, forages artésiens, crédit foncier, écoles, hôpitaux, caisses d’épargne, télégraphe, omnibus), qu’il interprète comme les signes d’une assimilation croissante de l’Algérie à la France.
Dans l’ensemble, le livre combine histoire, économie politique et programme administratif : Cosentino cherche à démontrer que seule une action ferme, cohérente et durable de l’État peut transformer la conquête en véritable colonie prospère et intégrée.
