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La colonisation de l'Algérie. Ses éléments

de BAUDICOURT Louis
publié en 1856

Dans La Colonisation de l’Algérie. Ses éléments (Paris, 1856), Louis de Baudicour consacre son premier chapitre à l’analyse des « ressources du sol ». Il commence par rappeler la réputation antique de fertilité de l’Afrique du Nord, abondamment célébrée par les auteurs romains, puis souligne le contraste entre ces témoignages et la déception des premiers colons français après 1830. Selon lui, cette déception tient moins à la nature du sol qu’à l’état dans lequel dix siècles de domination et d’exploitation l’ont laissé.

L’auteur décrit en détail les conditions naturelles : constitution géologique favorable (calcaires, marnes, alluvions profondes, notamment dans la vallée du Chélif), diversité des altitudes entre le littoral, le Tell et les hauts plateaux, et variété des climats qui en résulte. Il compare les températures d’Alger, Oran ou Constantine à celles de villes européennes, souligne l’importance des vents — notamment le sirocco — et fournit des données chiffrées sur les précipitations. Malgré des étés secs et des pluies souvent concentrées en hiver, l’Algérie dispose, selon lui, d’abondantes ressources en eau : rivières (Chélif, Seybouse, Rummel, Tafna), lacs, nappes souterraines et possibilités d’irrigation.

Baudicour examine ensuite l’état du pays à l’arrivée des Français. Il attribue la disparition des forêts aux pratiques pastorales et aux incendies répétés, mais estime que les sols ont conservé leur fertilité. Il décrit les méthodes agricoles arabes (labours superficiels, absence d’assolement, rendements faibles) et les systèmes de stockage en silos. Les cultures principales sont le blé, l’orge et le maïs, avec un rendement jugé inférieur à celui que permettraient des techniques européennes.

L’ensemble vise à démontrer que le potentiel agricole de l’Algérie est réel et que, grâce à des améliorations techniques (irrigation, défrichement, méthodes culturales), il peut être largement accru au profit de la colonisation.