De l'établissement des Français dans la Régence d'Alger et des moyens d'en assurer la prospérité. Tome 2
GENTY de BUSSY
Publié en 1839 (2ᵉ édition), De l’établissement des Français dans la régence d’Alger et des moyens d’en assurer la prospérité de P. Genty de Bussy est un ouvrage de réflexion politique et économique sur l’avenir de la colonie algérienne
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. Couronné par l’Académie des sciences en 1835, il vise à définir les conditions d’un établissement durable des Français en Afrique du Nord.
Dans les chapitres consacrés au commerce, l’auteur pose le principe selon lequel la richesse procède de l’enchaînement terre–industrie–échange. Or, selon lui, la régence produit encore peu et dépend largement des importations. Il constate un déséquilibre marqué : les importations ont fortement augmenté entre 1831 et 1837, tandis que les exportations demeurent limitées (principalement peaux, cire, huile), créant une balance déficitaire. Il décrit également le malaise commercial d’Alger : surabondance de marchandises, manque de capitaux, taux élevé de l’intérêt.
Pour remédier à cette situation, Genty de Bussy défend la transformation des ports d’Alger, Oran, Bône et Stora en ports francs. La liberté commerciale, selon lui, attirerait capitaux, population et caravanes venues de l’intérieur africain (gomme, ivoire, or, plumes, etc.), et ferait des villes côtières des entrepôts reliant Europe et Afrique. Il compare ce modèle à Gibraltar, Odessa ou Singapour.
Dans le chapitre sur les douanes, il critique la transposition des tarifs métropolitains en Algérie, jugée inadaptée à une colonie naissante. Il plaide pour un système favorisant l’exportation et le bon marché des denrées afin d’attirer des colons. L’exemple du sel illustre, par des données de prix et de transport, les effets des droits et monopoles sur la consommation locale.
L’ensemble propose une stratégie coloniale fondée sur la liberté des échanges, l’ouverture vers l’intérieur africain et l’adaptation des institutions économiques aux réalités locales.
