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Poésies populaires de la Kabylie du Djurjura et texte kabyle et traduction

HANOTEAU A.
publié en 1867

Voici une synthèse fidèle d’environ 1 800 caractères de A. Hanoteau, Poésies populaires de la Kabylie du Jurjura. Texte kabyle et traduction (1867), principalement d’après la Préface.

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L’ouvrage de Hanoteau se présente comme un recueil bilingue (texte kabyle et traduction française) de poésies populaires recueillies en Kabylie du Jurjura. Dans la préface, l’auteur expose un double objectif : fournir des textes authentiques aux chercheurs intéressés par la langue berbère, et faire connaître la vie morale et intellectuelle des populations kabyles à travers leurs propres expressions poétiques.

Hanoteau souligne que, faute d’une littérature écrite développée, la Kabylie possède une littérature orale abondante, transmise par des chanteurs professionnels parcourant villages et tribus. Ces poésies — chants, complaintes, satires, louanges — sont généralement chantées sur des rythmes lents et répétitifs ; les femmes y jouent un rôle important, composant et diffusant de nombreux couplets lors des travaux domestiques.

Il distingue deux grandes catégories de poètes : les aneddaḥ ou feddaḥ, comparables aux bardes anciens, qui célèbrent Dieu, les exploits guerriers, les vertus civiques ou dénoncent les fautes ; et d’autres chanteurs plus occasionnels, qui expriment des sentiments individuels, des passions collectives ou des événements contemporains. La poésie kabyle, note-t-il, reflète directement les idées, préjugés et émotions populaires ; sa valeur réside moins dans l’élaboration formelle que dans sa spontanéité et sa force d’expression.

Hanoteau insiste sur les difficultés de traduction : différences profondes de langue et de mentalité, importance de la forme (rime, assonance, rythme) parfois au détriment du fond, et présence d’images ou de termes intraduisibles qui peuvent laisser le lecteur français indifférent à des effets très puissants pour un auditoire kabyle.

Il décrit enfin sa méthode de collecte : transcription sous dictée des poètes eux-mêmes, confrontation de plusieurs versions, vérification auprès des auteurs quand cela était possible. Il constate que ces poésies, relevant exclusivement de la tradition orale, évoluent rapidement et se renouvellent au gré des événements ; les anciennes compositions disparaissent si elles ne sont pas reprises par la mémoire collective.

L’ouvrage apparaît ainsi comme une tentative de sauvegarde et d’étude scientifique d’une littérature orale vivante, présentée comme un témoignage direct de la société kabyle du XIXᵉ siècle.