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Notre établissement dans la province d’Oran, par suite de la paix

Bugeaud Robert (duc d'Isly)
publié en 1837

Ce mémoire, rédigé par le général Bugeaud en 1837, expose une réflexion stratégique sur l’organisation française dans la province d’Oran après la conclusion d’une paix jugée provisoire. L’auteur affirme d’emblée que cette paix n’est pas définitive, mais qu’elle constitue une étape nécessaire pour consolider la présence française, réduire les coûts de la guerre et préparer l’avenir. Selon lui, une conquête totale de l’Algérie exigerait des forces considérables — jusqu’à 80 ou 90 000 hommes — et risquerait d’affaiblir la France en Europe.

Le texte insiste donc sur une politique de consolidation plutôt que d’expansion immédiate. Bugeaud défend l’idée d’une occupation limitée mais solide, reposant sur des postes stratégiques, des troupes mobiles et une préparation permanente à une reprise des hostilités. La paix doit permettre de développer les échanges avec les populations locales, d’encourager la prospérité économique et de réduire progressivement l’hostilité des tribus, tout en conservant une supériorité militaire nette.

Une large partie du mémoire porte sur la colonisation. L’auteur considère que l’agriculture et la stabilité vont de pair : sans sécurité, aucune mise en valeur du territoire n’est possible. Il préconise des colonies militaires composées d’anciens soldats, jugés mieux adaptés que les colons civils aux conditions difficiles du climat et aux risques d’insécurité. Ces établissements doivent être à la fois agricoles et défensifs, capables d’assurer l’autonomie locale et de soutenir l’autorité française.

Bugeaud traite également des aspects économiques et administratifs : organisation des ports, amélioration du commerce, gestion des terres et contrôle des spéculations foncières. L’objectif est de faire couvrir progressivement les coûts de l’occupation par les ressources locales.

Dans son ensemble, le document présente une stratégie combinant prudence politique, préparation militaire et colonisation progressive, fondée sur l’idée que la stabilité durable en Algérie dépend autant de l’organisation économique et sociale que de la force armée.