Physiologie morale et physique d'Alger en 1833
MONTAGNE D.J.
La Physiologie morale et physique d’Alger en 1833, publiée en 1834 par D J Montagne, propose une description détaillée de la ville d’Alger peu après le début de l’occupation française. L’ouvrage entend analyser à la fois les aspects matériels (« physique ») et les mœurs (« morale ») de la cité, en offrant au lecteur européen un tableau descriptif de son organisation urbaine et de ses habitations.
Dans le chapitre consacré à la ville, l’auteur décrit d’abord la topographie : Alger est bâtie sur un terrain irrégulier en amphithéâtre, adossée à la montagne et tournée vers la mer. La partie basse s’étend près du port, tandis que la haute ville, dominée par la Casbah, se caractérise par un réseau de rues étroites, sinueuses et fortement inclinées. Ce tracé est présenté comme formant un véritable labyrinthe, où la circulation est difficile et où les voies principales seules permettent un passage relativement aisé.
Montagne insiste ensuite sur l’absence d’espaces publics vastes avant l’arrivée des Français, mentionnant surtout de petits carrefours et des marchés ponctuels. Il décrit les pratiques commerciales traditionnelles, les rues spécialisées par métiers et l’organisation des souks. L’auteur observe également les dispositifs de fermeture nocturne des quartiers et certaines caractéristiques de la vie urbaine.
Une large part du texte est consacrée à l’architecture domestique. Les maisons sont généralement organisées autour d’une cour intérieure, avec peu d’ouvertures sur la rue. Les pièces donnent sur la cour, parfois ornée de colonnes et de galeries. L’auteur détaille les matériaux employés (marbre, faïence), la disposition des escaliers, la ventilation, ainsi que l’usage de terrasses. Il relève à la fois des éléments qu’il juge ingénieux (protection contre la chaleur, circulation de l’air) et d’autres qu’il considère défectueux selon ses critères.
Dans l’ensemble, l’ouvrage combine observation architecturale, description des pratiques urbaines et appréciations personnelles, offrant un témoignage sur l’état d’Alger au début des années 1830 et sur le regard porté par un auteur français sur la ville et ses habitants.
