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Le recrutement des indigènes d'Algérie

COPEL (capitaine)
publié en 1910

Dans cette étude publiée en 1910, le capitaine Coipel examine la question du recrutement des indigènes d’Algérie au regard des besoins militaires de la France. Partant des débats parlementaires sur la loi de recrutement, il soutient que l’Algérie peut fournir un contingent significatif d’hommes et contribuer ainsi à la défense nationale, tout en consolidant la sécurité locale.

L’auteur rappelle l’attachement et la valeur militaire des tirailleurs et spahis algériens, éprouvés dans les campagnes coloniales. Il insiste sur leur endurance, leur sobriété et leur adaptation aux conditions difficiles, notamment dans le Sud et aux confins sahariens. Selon lui, une augmentation des effectifs indigènes renforcerait à la fois la présence française en Afrique du Nord et la capacité d’intervention extérieure, notamment en cas de conflit européen.

Coipel répond aux objections juridiques et politiques. Il estime que l’application du service obligatoire ne constituerait pas une rupture des engagements antérieurs, dès lors que les indigènes bénéficient déjà de droits civils élargis et participent à la vie économique. La conscription serait l’aboutissement logique de cette évolution, sans impliquer nécessairement l’octroi du suffrage politique.

L’étude examine ensuite les modalités pratiques : durée du service, organisation des réserves, coûts budgétaires et possibilités d’encadrement. L’auteur privilégie un engagement de deux ans, avec constitution de réserves structurées et emploi accru de la cavalerie indigène. Il avance des chiffres précis sur les effectifs mobilisables et compare leur rendement à celui des unités européennes.

Enfin, Coipel conclut qu’en cas de guerre européenne, le renfort de divisions de tirailleurs et d’escadrons de spahis permettrait à la France de disposer rapidement de forces supplémentaires aguerries, sans bouleverser l’équilibre colonial. Il présente ainsi le recrutement indigène comme une mesure à la fois stratégique, économique et politiquement maîtrisable.