De la chancrelle en Algérie
ARTIGUE Alexandre
consacrée à la chancrelle (chancre mou) en Algérie, envisagée sous l’angle de sa fréquence et de ses formes cliniques.
Dans l’introduction, l’auteur explique que son étude est née de son expérience d’interne au service des maladies syphilitiques et cutanées d’Alger. Il constate que la chancrelle y est observée avec une fréquence notable, alors que les statistiques anciennes, notamment françaises, sont rares ou anciennes. Il souligne la difficulté d’établir des données comparatives fiables en raison des variations d’observation et d’enregistrement selon les époques et les lieux. Il propose d’examiner successivement la fréquence absolue et relative du chancre mou, ses formes cliniques, puis d’esquisser quelques éléments de comparaison avec d’autres colonies françaises, avant d’évoquer brièvement le traitement.
La partie statistique retrace d’abord l’évolution en France au XIXe siècle : les données anciennes montraient une forte proportion de chancres simples par rapport aux chancres syphilitiques, puis une inversion progressive des rapports, avec des fluctuations selon les périodes. L’auteur met en évidence des oscillations importantes entre 1840 et 1880, puis un recul relatif du chancre simple à la fin du siècle.
Pour l’Algérie, l’étude repose principalement sur les registres hospitaliers d’Alger, notamment ceux du service du professeur Brault, couvrant les années 1901 à 1907 et totalisant 1 205 cas observés. Les tableaux mensuels détaillent la répartition des différents types de chancres (simples, syphilitiques, mixtes, phagédéniques) et permettent d’apprécier les variations saisonnières et annuelles. L’ensemble montre que le chancre mou demeure fréquent dans ce contexte, avec des proportions variables d’une année à l’autre.
La thèse analyse enfin les formes cliniques rencontrées, en distinguant les chancres simples des formes compliquées (phagédéniques, mixtes), et souligne l’importance du diagnostic différentiel avec le chancre syphilitique. Elle conclut sur l’intérêt d’une observation rigoureuse et d’une tenue précise des statistiques pour mieux comprendre l’évolution de cette affection dans le cadre algérien.
