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Algérie et Tunisie. Région de l'ouest (Province d'Oran)

NIOX (colonel)
publié en 1890

Ce chapitre de la Géographie militaire. Algérie et Tunisie (1890), du colonel Niox, est consacré à la région de l’Ouest algérien, correspondant à la province d’Oran. L’étude adopte une perspective stratégique, en articulant description physique du territoire, organisation des communications et enjeux militaires.

L’auteur définit d’abord les limites de la province, en soulignant l’imperfection de la frontière occidentale avec le Maroc, qu’il juge défavorable du point de vue stratégique. Il distingue quatre grandes régions naturelles : le Tell oranais, les Hauts-Plateaux, les montagnes des Ksour avec les oasis des Oulad Sidi Cheikh, et enfin les massifs du Ksel et du Djebel-Amour. Le chemin de fer d’Arzew à Saïda est présenté comme l’axe structurant des relations entre le littoral et le Sud-Oranais.

Le Tell est décrit à travers ses bassins hydrographiques (Tafna, Sebkha d’Oran, Sig, Habra, Mina) et ses chaînons montagneux (monts de Tlemcen, des Traras, du Tessala, des Beni Chougran). L’auteur insiste sur la valeur stratégique des ports (Oran, Mers el-Kébir, Arzew), des positions frontalières (Lalla Maghnia, Sebdou) et des centres urbains tels que Tlemcen, Mascara, Sidi-bel-Abbès ou Tiaret, à la fois nœuds de communications, bases de ravitaillement et points d’appui militaires. Les barrages sur le Sig, l’Habra ou la Mina illustrent la mise en valeur agricole et le contrôle des plaines fertiles.

Les Hauts-Plateaux sont présentés comme une zone charnière entre Tell et Sahara : vastes étendues arides, ondulées, ponctuées de chotts et de rares points d’eau. Leur importance tient moins à leur richesse agricole qu’à leur rôle dans les déplacements saisonniers des tribus nomades. L’auteur analyse ces migrations, les principales confédérations tribales et la nécessité, pour la puissance occupante, de contrôler pistes, puits et marchés afin d’assurer la sécurité du Tell.

Enfin, l’exploitation de l’alfa, plante caractéristique des plateaux, est décrite comme une ressource économique majeure, soutenue par le réseau ferroviaire, mais susceptible de modifier les équilibres sociaux des populations nomades. L’ensemble du chapitre met ainsi en évidence l’étroite imbrication entre géographie physique, circulation des hommes et organisation militaire du territoire.