Histoire des villes de la province de Constantine. Gigelli
FÉRAUD Charles
Dans ce volume consacré à Gigelli, Charles Féraud poursuit son entreprise d’histoire des villes de la province de Constantine. Son objectif est de rassembler, coordonner et rendre accessibles des matériaux dispersés, afin d’offrir une synthèse du passé local, depuis l’Antiquité jusqu’à l’époque contemporaine.
L’auteur commence par une étude du nom de la ville, qu’il préfère écrire « Gigelli », en le rattachant à l’antique Igilgili. Il évoque les hypothèses relatives à son étymologie, qu’elle soit d’origine orientale ou berbère. Il retrace ensuite les grandes phases historiques : établissement romain attesté par de nombreux vestiges (mosaïques, colonnes, substructions), destructions et recompositions successives à l’époque vandale, byzantine et musulmane, domination hammadite, puis interventions siciliennes, génoises et ottomanes.
Une place importante est accordée à la conquête française et surtout au séisme des 21 et 22 août 1856, qui détruisit presque entièrement l’ancienne ville établie sur la presqu’île. La catastrophe entraîna le transfert et la reconstruction d’un « nouveau Gigelli » sur l’emplacement des jardins, selon un plan régulier, avec rues alignées et équipements publics. L’ancienne ville devint essentiellement un réduit militaire fortifié.
L’ouvrage décrit longuement la géographie du cercle de Gigelli : relief montagneux dominé par le Babor, vallées encaissées, forêts denses, oueds (Djendjen, el-Kebir/Amsaga), littoral découpé et ports naturels. Le port de Gigelli est analysé du point de vue nautique : rade semi-elliptique, protégée par des récifs, utilisable une grande partie de l’année, mais appelée selon l’auteur à des améliorations (jetée, quais) pour soutenir le commerce.
Féraud consacre enfin de développements à l’histoire des populations de la Kabylie orientale : Khitones, Gédalousiens, Babares, Ketama, tribus arabes introduites au Moyen Âge. Il examine, à partir des sources antiques et arabes, les continuités et transformations de ces groupes, leurs traditions, ainsi que certaines survivances monumentales et croyances locales (fontaine d’Aïn-el-Aoucat). L’ensemble associe enquête historique, description géographique et considérations stratégiques pour proposer un tableau d’ensemble de Gigelli et de sa régio
