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Histoire des villes de la province de Constantine. La Calle

FÉRAUD Charles
publié en 1877

Dans ce volume consacré à La Calle, Charles Féraud retrace l’histoire de cet établissement côtier de la province de Constantine, en l’inscrivant dans la continuité des anciennes concessions françaises d’Afrique. Il rappelle que La Calle, dite par les indigènes « Presqu’île de France », ne fut pas à l’origine une ville, mais un comptoir fortifié fondé au XVIIe siècle par la Compagnie d’Afrique, qui y transféra le siège de ses opérations depuis le Bastion de France.

L’auteur décrit en détail l’organisation du bastion : enceinte fermée, batteries, magasins à blé, entrepôts de corail, logements d’ouvriers, église, hôpital, moulins, lazaret et chantiers de construction. L’ensemble formait un établissement défensif et commercial destiné à protéger les activités de pêche du corail et les échanges avec les tribus voisines. Détruit une première fois en 1798 puis incendié en 1827, le site est réoccupé en 1836 par les troupes françaises, sans résistance notable, et progressivement remis en état.

Féraud consacre de longs développements à la géographie du cercle de La Calle : relief montagneux en bordure de la frontière tunisienne, division en trois bassins hydrographiques (Tonga, Oued el-Kébir, Bou Hadjar), forêts étendues de chênes-lièges et ressources minières, notamment la mine de plomb argentifère d’Oum Teboul. Il analyse également la configuration du port, étroit et exposé aux vents d’ouest, ainsi que les projets d’amélioration, notamment l’ouverture d’un port au lac Malah, jugé stratégique pour le commerce et la colonisation.

La pêche du corail et de la sardine constitue la principale richesse locale, attirant une importante population saisonnière, majoritairement italienne. La commune, érigée administrativement à partir de 1842, se dote d’infrastructures civiles (église, hôpital, écoles, canal d’adduction d’eau) et s’étend au-delà de l’ancienne presqu’île.

Enfin, l’auteur étudie les tribus du cercle (Nehed, Khoumir et autres), leur origine mêlant éléments berbères et arabes, leurs structures sociales et leurs rapports anciens avec la Compagnie d’Afrique, proposant ainsi un tableau à la fois historique, géographique et ethnographique de la région