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Histoire des villes de la province de Constantine. Sérif Bordj Bou-Areridj MESILA Bou-Saada

FÉRAUD Charles
publié en 1872

Dans ce volume, Charles Féraud réunit les monographies de Sétif, Bordj-bou-Arreridj, Msila et Bousaâda, en raison de la continuité historique qui les lie, notamment à travers la famille des Mokrani et les événements de l’insurrection de 1871. Son objectif est de rassembler et coordonner des faits épars afin d’offrir une synthèse accessible de l’histoire locale, sans prétendre en proposer une interprétation définitive.

L’ouvrage s’ouvre sur Sétif. L’auteur rappelle que, malgré le traité de la Tafna (1837), la région resta disputée entre l’autorité française et les partisans d’Abd el-Kader, notamment Ben Abd-es-Selam et les Mokrani. Les expéditions de 1838-1839 aboutirent à l’occupation durable du site de l’ancienne Sitifis romaine. La ville moderne se développe d’abord comme poste militaire fortifié, puis comme centre civil : casernes, hôpital, magasins, remparts, adduction d’eau et promenades sont progressivement établis. L’urbanisme adopte un plan régulier, avec places, fontaines et équipements publics.

Féraud décrit ensuite l’essor de la colonisation européenne autour de Sétif, favorisée par la création d’une commune (1847), puis d’institutions administratives et judiciaires. Des concessions agricoles, notamment à une compagnie genevoise, donnent naissance à plusieurs villages. Le développement est lié à l’ouverture des routes stratégiques, en particulier celle reliant Sétif à Bougie, considérée comme son débouché naturel.

Une large partie du volume est consacrée à la géographie physique du cercle : organisation en trois chaînes montagneuses parallèles (Babor, Magris, Bou-Taleb), description des plaines céréalières, des bassins de l’oued Bou-Sellam et de l’oued Aguerioun, forêts, mines et ressources agricoles. L’auteur insiste sur le rôle commercial du marché de Sétif, fréquenté par les populations du Tell et du Sahara.

Enfin, l’étude aborde la composition historique des populations, marquée par la superposition d’éléments berbères et arabes, les migrations successives (Ketama, Sanhadja, Hilaliens, Zouaoua) et la distinction entre tribus arabes de plaine et tribus kabyles de montagne. L’ensemble propose ainsi une synthèse historique, géographique et administrative des centres majeurs du sud constantinois