Accéder au contenu principal

Search Mobile


© All rights reserved. Powered by YOOtheme.

La chasse à l'homme. Guerres d'Algérie

d'HÉRISSON (comte)
publié en 1891

L’ouvrage s’ouvre sur une préface où l’auteur explique son intention : revenir sur une période peu connue des guerres d’Algérie afin d’en révéler des faits ignorés et d’en examiner les conséquences. Il situe son propos dans le contexte de l’expansion européenne en Afrique et interroge les méthodes employées par la France. Selon lui, certaines traditions militaires, fondées sur la violence et la répression, ont entretenu une guerre permanente et compromis l’œuvre de conquête et de colonisation. Il affirme vouloir traiter vaincus et vainqueurs avec la même impartialité et souligne que la guerre d’Afrique, bien que réelle et difficile, différait des conflits européens, tout en ayant nourri des illusions dangereuses sur la valeur de l’armée française avant 1870.

Le récit débute en 1844 avec le départ d’un jeune officier pour l’Algérie. Après un séjour contrarié à Oran puis un retour temporaire en France pour raisons administratives, il est rappelé à la suite de la reprise des troubles. Abd-el-Kader, que l’on croyait affaibli après les succès français et les accords avec le Maroc, réorganise ses forces en s’appuyant sur le sentiment religieux et déclenche une insurrection. Le guet-apens de Sidi-bel-Abbès illustre la brutalité croissante du conflit, marqué par des représailles sévères et des pratiques extrêmes des deux côtés, dans un climat de guerre totale mêlant patriotisme et ferveur religieuse.

L’épisode central est celui de Sidi-Brahim (septembre 1845). Le colonel de Montagnac, commandant à Djemmaa-Ghazaouet, sort avec une faible colonne pour secourir des tribus alliées menacées. Trompé par des informations perfides et privé de renforts suffisants, il engage le combat contre des forces très supérieures dirigées par Abd-el-Kader. Malgré des charges répétées et une résistance acharnée, la colonne est anéantie. Les survivants se replient sur le marabout de Sidi-Brahim, qu’ils défendent plusieurs jours avant de tenter une percée désespérée. La plupart sont tués à proximité de la place. L’inaction ou le retard des colonnes voisines, notamment celle du colonel de Barral, fait l’objet de critiques sévères. Le massacre et la capture de nombreux soldats marquent l’un des épisodes les plus tragiques des guerres d’Algérie, révélant à la fois l’âpreté du conflit et les faiblesses du commandement français.