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Chemin de fer de l'Algérie

WARNIER Auguste
publié en 1854

Ce mémoire de 1854 expose un projet de chemin de fer de l’Algérie fondé sur une ligne centrale traversant le Tell d’ouest en est, avec des embranchements vers les principaux ports. Les auteurs soutiennent que ce tracé répond aux exigences d’une grande artère stratégique et constitue la base de la viabilité politique et économique du pays.

Sur le plan administratif et militaire, la ligne relierait les principaux centres du Tell (Tlemcen, Sidi-bel-Abbès, Mascara, Médéa, Sétif, Constantine, etc.) ainsi que les villes côtières (Oran, Arzew, Alger, Bône, Philippeville). Elle permettrait la transmission rapide des ordres et le déplacement accéléré des troupes et du matériel, consolidant ainsi le contrôle du territoire. Les tableaux démographiques indiquent que la zone directement concernée regroupe environ 345 000 habitants indigènes, tandis que l’ensemble du Tell atteint plus de 1,8 million d’habitants.

Le projet est également présenté comme un instrument de colonisation agricole. Les auteurs recensent les centres européens existants et estiment que la majorité de la population européenne bénéficierait directement ou indirectement du réseau. De vastes plaines et vallées, représentant plus d’un million d’hectares, seraient ouvertes à l’exploitation et au peuplement.

Sur le plan commercial, la ligne faciliterait l’accès des marchés indigènes au commerce européen, en structurant les échanges hebdomadaires déjà existants. Elle favoriserait aussi la colonisation industrielle : inventaire des forêts (près de 480 000 hectares), des mines (fer, plomb, cuivre, zinc, sel), des carrières de marbre, des gisements de gypse et d’argile, ainsi que des chutes d’eau exploitables. L’ensemble vise à démontrer que la ligne centrale du Tell serait à la fois stratégique, économiquement rentable et déterminante pour l’organisation et le développement de l’Algérie.