Chênes-liège : notices sur les forêts domaniales de l'Algérie
CHARLEMAGNE MIGNEROT VASSELOT
Cette brochure présente un état détaillé des forêts domaniales de chênes-liège en Algérie, en insistant principalement sur le département de Constantine, qui concentre l’essentiel des superficies.
Le chêne-liège, essence méditerranéenne adaptée aux terrains silicieux, occupe de vastes étendues dans le Tell, surtout à l’est du littoral. En Algérie, les forêts de chênes-liège couvrent environ 470 000 hectares, dont 281 402 hectares relèvent du domaine de l’État. Le département de Constantine en regroupe à lui seul 231 690 hectares, soit près des neuf dixièmes des forêts domaniales de cette essence. L’ouvrage dresse un inventaire précis des massifs, avec indication des superficies, des communes, des voies de vidange et des ports d’embarquement.
L’État a renoncé aux systèmes d’affermage et à la vente sur pied, jugés défavorables, pour adopter la régie directe. Le Service forestier assure la mise en valeur, la récolte et la commercialisation. La mise en production commence par le « démasclage », c’est-à-dire l’enlèvement du liège mâle sur les arbres d’un tour suffisant. Les travaux comprennent également l’ouverture de chemins muletiers et de tranchées de protection contre les incendies. Le traitement retenu est le jardinage, avec des rotations de trois à quatre ans, les lièges de reproduction devenant exploitables en moyenne vers neuf ans.
À la date du rapport, plus de 123 000 hectares sont déjà mis en production. Le rendement attendu, une fois l’ensemble des forêts exploitées, est estimé à environ 200 000 quintaux métriques par an pour Constantine, avec une montée progressive des volumes à partir du milieu des années 1890. La qualité des lièges est présentée comme élevée, comparable aux meilleurs produits méditerranéens.
Les lièges sont vendus bruts, par adjudication publique, au quintal métrique, après empilage sur des places de dépôt. Un cahier des charges fixe les conditions de pesage et de délivrance. L’ensemble du dispositif vise à garantir la transparence des transactions et à structurer un secteur appelé à prendre une place importante dans le commerce international du liège
