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Le choléra d'après les 9 épidémies qui ont régné à Alger depuis 1835 jusqu'à 1965

COLLARDOT V. (docteur)
publié en 1867

L’ouvrage retrace l’histoire analytique et critique des neuf épidémies de choléra qui ont sévi à Alger entre 1835 et 1865, en s’appuyant sur les observations hospitalières, les registres de mortalité et les rapports médicaux. Les auteurs entendent démontrer, contre les thèses strictement « atmosphériques », que le choléra s’est propagé principalement par importation et par transmission successive à partir de foyers humains.

La première invasion, en 1835, est précédée par le choléra d’Oran (1834), introduit par mer à Mers-el-Kébir. À Alger, le fléau apparaît après l’arrivée de navires provenant de ports contaminés. Malgré l’établissement d’un lazaret à Bab-Azoun, des communications insuffisamment contrôlées favorisent la diffusion du germe vers le pénitencier de Bab-el-Oued, puis vers l’hôpital militaire du Dey et la Salpêtrière. De ces foyers clos, la maladie gagne progressivement la ville, notamment les quartiers bas et insalubres.

Les auteurs soulignent la concentration initiale des cas dans les hôpitaux, casernes et prisons, où la promiscuité accroît la mortalité. Les registres du Dey révèlent une surmortalité massive, tant par choléra déclaré que sous des diagnostics voisins (fièvres, diarrhées), interprétée comme l’effet d’une influence épidémique de voisinage. La population juive, vivant dans des quartiers très denses, est particulièrement frappée ; son transfert à la Boudjaréah, en site aéré, coïncide avec une baisse rapide des décès.

Les invasions ultérieures, notamment celle de 1837, sont rattachées à des mouvements de troupes et à des liaisons maritimes entre Marseille, Bône, Constantine et Alger. Des exemples détaillés montrent la transmission par groupes d’hommes récemment exposés, parfois indemnes au moment du déplacement. L’ouvrage met ainsi en évidence une constante : importation par mer, amplification dans des établissements fermés, puis extension urbaine et régionale.

À travers l’étude comparative des neuf épidémies, les auteurs concluent à la nécessité d’isolements rigoureux et d’établissements spécialisés pour éviter que les hôpitaux ne deviennent des centres de diffusion du fléau.