Colonisation et agriculture de l'Algérie. Tome 2
MOLL Louis
Dans ce second volume de Colonisation et agriculture de l’Algérie (1845), Louis Moll examine les fondements techniques et économiques d’une agriculture adaptée aux conditions algériennes. Il part du constat que tout est à créer : ni traditions locales européennes, ni expériences accumulées ne peuvent servir de guide sûr. L’auteur critique à la fois les colons routiniers, attachés à leurs pratiques d’origine, et les pseudo-théoriciens dépourvus de véritable science agricole. Selon lui, la réussite exige l’union du travail, des capitaux et de l’intelligence.
Un débat central concerne l’opposition entre grande et petite culture. Moll soutient que la petite exploitation est nécessaire pour peupler et défendre le territoire, mais qu’elle ne peut prospérer sans l’appui de la grande culture. Seule celle-ci possède en effet les capitaux, l’instruction et la capacité d’expérimentation indispensables pour adapter les assolements, les procédés et les productions aux réalités locales. Il plaide ainsi pour une complémentarité des deux formes d’exploitation.
Sur le plan technique, l’auteur distingue deux types agricoles : le système intensif, fondé sur un fort apport de travail et de capitaux pour maximiser le produit brut, et le système extensif, qui laisse une large part à la nature et cherche avant tout le produit net. Compte tenu de la rareté des bras, du coût élevé du travail et de l’abondance relative des terres en Algérie, il préconise un système extensif : surface cultivée limitée mais fortement fumée, importance des pâturages, développement des troupeaux et des cultures arborées.
L’élevage et les plantations doivent constituer la base de l’économie rurale algérienne. L’auteur insiste enfin sur le rôle central des engrais, dont l’usage est indispensable même en climat chaud, et détaille les méthodes de conservation et de gestion du fumier adaptées aux conditions locales.
