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La conscription des indigènes d'Algérie

SÈBE Achille
publié en 1912

Cet ouvrage examine la question de l’application de la conscription aux indigènes d’Algérie au début du XXᵉ siècle. L’auteur part d’un constat : après plusieurs décennies d’occupation, la politique coloniale reste incertaine quant au statut des populations musulmanes. Le projet de conscription, relancé à partir de 1905, ne procède pas d’une volonté d’association politique, mais d’une préoccupation militaire liée à la baisse des effectifs de l’armée française, conséquence de la diminution de la natalité et de la réduction de la durée du service.

L’étude retrace d’abord l’historique du recrutement indigène depuis 1830. Dès la conquête, des corps spécifiques sont créés – zouaves, tirailleurs, spahis – recrutés principalement par engagement volontaire. Plusieurs projets de conscription obligatoire sont envisagés au cours du XIXᵉ siècle, mais abandonnés en raison de difficultés administratives, de craintes politiques ou d’oppositions locales.

Au début du XXᵉ siècle, le débat reprend avec plus d’insistance. Des parlementaires proposent d’étendre aux indigènes un système d’appel comparable à celui en vigueur en France, en s’inspirant du modèle tunisien. Une commission d’enquête est envoyée en Afrique du Nord afin d’évaluer la faisabilité de la réforme. Elle se prononce en faveur d’un service obligatoire atténué, appliqué progressivement, avec tirage au sort, remplacement administratif et maintien de certaines particularités religieuses et sociales.

L’auteur analyse ensuite les conséquences juridiques d’une conscription intégrale. Il soutient qu’il existe un lien entre l’obligation militaire et la qualité de citoyen : soumettre les indigènes à l’« impôt du sang » impliquerait logiquement leur accession à la citoyenneté française. Il examine enfin les effets politiques et économiques d’une telle réforme, en soulignant les tensions qu’elle pourrait susciter entre impératifs militaires, statut personnel musulman et organisation coloniale.