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Considérations sur l'Algérie ou les faits opposés à la théorie

LE PAYS DE LA BOURJOLLY (lieutenant général)
publié en 1846

Dans cet ouvrage, l’auteur entend opposer l’expérience des faits aux théories avancées sur l’Algérie. Il pose d’emblée la question centrale : la France peut-elle et doit-elle poursuivre indéfiniment les sacrifices humains et financiers qu’exige la conquête ? Selon lui, l’abandon serait une catastrophe politique et morale ; mais persévérer sans méthode mènerait au même résultat. Trois objectifs s’imposent : achever la conquête, organiser le pays et le coloniser.

Sur le plan militaire, il soutient que la conquête n’est pas réellement terminée, les insurrections demeurant fréquentes. Il critique l’emploi disproportionné de l’infanterie face à un adversaire essentiellement cavalier, mobile et rompu à la guerre de plaine. L’insuffisance numérique et la mauvaise répartition de la cavalerie empêcheraient d’exploiter pleinement les succès remportés. Il plaide pour une augmentation substantielle des effectifs montés, leur installation au cœur des plaines plutôt que sur le littoral, et une organisation permettant des colonnes plus légères et plus mobiles. Des exemples tirés de son expérience personnelle illustrent, selon lui, l’effet décisif et moral de la cavalerie, capable d’intimider l’adversaire, de rassurer les tribus alliées et d’assurer une domination effective du territoire.

Abordant l’administration, il estime que la France a commis deux erreurs : instituer trop tôt un régime civil et vouloir transposer sans transition ses institutions, ses lois et ses garanties dans une société profondément différente par la religion, les mœurs et les structures sociales. Il juge illusoire toute fusion rapide et considère que la générosité, les présents ou la clémence ne suffisent pas à gagner l’adhésion durable des populations, souvent guidées, selon lui, par des fidélités religieuses et politiques. Il conclut qu’une politique adaptée aux réalités locales, ferme à l’égard des révoltes et des trahisons, est indispensable pour consolider la conquête et préparer une colonisation stable.