Constantine avant la conquête française
MERCIER Ernest
Ce texte présente une étude consacrée à Constantine à la veille de la conquête française, en s’attachant à restituer l’état de la ville en 1837, sous le dernier bey. L’auteur rappelle d’abord l’entrée des troupes françaises le 13 octobre 1837 et souligne que, malgré le siège, l’aspect général de la cité demeurait marqué par son passé ancien, mêlant vestiges et constructions enchevêtrées.
Il décrit une ville bâtie sur un plateau rocheux escarpé, entouré de ravins profonds, ne communiquant avec l’extérieur que par quelques ponts et portes. La topographie accidentée conditionnait fortement l’organisation urbaine. Trois portes principales existaient sur la face ouest : Bab-el-Djedid, Bab-el-Oued et Bab-el-Djâbia, auxquelles s’ajoutait Bab-el-Kantara, donnant accès à un pont ancien. L’enceinte était irrégulière et parfois formée par la roche elle-même.
Constantine se divisait en quatre quartiers principaux : la Kasba au nord-est, Tabia au nord-ouest, El-Kantara au sud-est et Bab-el-Djâbia au sud-ouest. Toutefois, au-delà de ces divisions, la ville se composait d’une multitude de petites unités de voisinage. Les rues, étroites, sinueuses et souvent en impasse, ne portaient pas de noms officiels ; elles étaient désignées par les habitants en référence à une maison notable, une mosquée, un four ou une porte. L’identification des lieux reposait donc sur des repères locaux plus que sur une nomenclature administrative.
L’activité commerciale se concentrait dans des souks spécialisés, organisés par métiers : tanneurs, selliers, bijoutiers, fabricants d’armes, marchands de laine ou de denrées. Les principales artères reliaient les portes aux marchés et aux mosquées, structurant la circulation intérieure. De nombreuses mosquées jalonnaient les quartiers, certaines associées à des zaouïas ou à des écoles.
Enfin, l’auteur indique avoir confronté les plans officiels aux témoignages des habitants pour reconstituer l’état de la ville en 1837, conscient des lacunes et transformations déjà intervenues. L’ensemble constitue une tentative de description topographique et fonctionnelle précise de Constantine avant les profondes modifications apportées par l’occupation française.
