Etude sur la Zenatia de l'Ouarsenis et du Maghreb central
Basset René
Cette étude examine la Zenatia de l’Ouarsenis et du Maghreb central, en combinant données historiques, linguistiques et observations de terrain. L’auteur part du constat que plusieurs dialectes berbères sont en recul face à l’arabe et qu’il devient urgent d’en fixer les traits afin de délimiter l’ancienne extension de la Zenatia avant l’arabisation.
L’aire étudiée comprend notamment l’Ouarsenis et le massif du Haïdra. Les limites anciennes du domaine zenète sont esquissées à partir des tribus encore berbérophones ou récemment arabisées. L’analyse met en évidence la parenté étroite entre plusieurs groupes, dont les Achaacha, les Beni Indel, les Harakta, les Tamellaht et d’autres fractions établies entre les massifs de l’Atlas tellien et les plaines du Chelif. Les comparaisons dialectales montrent des affinités avec les parlers des Beni Menacer et d’autres variétés zenètes.
La première partie rassemble des renseignements historiques et tribaux. Chaque groupe est décrit selon son territoire, ses fractions internes et ses traditions d’origine. L’étude évoque les Beni Indel, les Tamellaht, les Ouled Besse m Gheraba et les Ouled Ammar, en précisant leurs subdivisions et leurs attaches généalogiques, parfois rattachées à des ancêtres arabes ou berbères. Certains groupes sont dits arabophones, mais conservent des traces d’un passé zenète.
L’auteur relève aussi les vestiges antiques présents dans la région : ruines romaines, inscriptions latines, restes de postes fortifiés, ouvrages hydrauliques et traditions locales liées à ces sites. Ces éléments servent à reconstituer la continuité d’occupation et les transformations du peuplement.
L’ensemble vise à restituer la géographie historique de la Zenatia dans le Maghreb central, à préciser l’évolution des tribus et à montrer comment un ancien fonds berbère s’est partiellement maintenu ou transformé sous l’effet des migrations et de l’arabisation progressive.
