Recueil de contes populaires de la Kabylie et du Djurdjura
RIVIÈRE J
Ce recueil rassemble des contes populaires de la Kabylie du Djurdjura, recueillis oralement puis traduits. La préface précise l’objectif : fournir un matériau destiné à l’étude comparative des croyances et traditions, et restituer, à travers le récit simple, la langue kabyle parlée, distincte de la poésie plus chargée d’arabismes. L’auteur souligne l’absence d’écriture propre au kabyle, la transmission strictement orale des récits et leur parenté possible avec des motifs orientaux, tout en insistant sur leur adaptation locale.
L’ouvrage s’organise par thèmes. La première partie évoque notamment le vol en Kabylie, décrit comme pratique socialement tolérée sous certaines formes, mais sévèrement sanctionnée lorsqu’elle porte atteinte au foyer ou à des biens sacrés. Les contes illustrent ruse, audace et intelligence pratique. Des figures comme Thadhellala, femme habile et trompeuse, ou Ali g Icher, enfant minuscule mais ingénieux, triomphent par la malice. D’autres récits, tels ceux des Deux frères ou d’Ali et Ou Ali, mettent en scène une rivalité constante, fondée sur la tromperie réciproque, où chacun cherche à surpasser l’autre.
Une seconde partie traite de la vengeance et de la jalousie. La vendetta y apparaît comme principe coutumier : le sang appelle le sang, et l’honneur commande la riposte. Les récits montrent comment ces passions nourrissent mensonge et fourberie, notamment dans les conflits familiaux ou conjugaux.
D’autres contes relèvent du merveilleux moral : l’homme de bien opposé au méchant, l’enfant enlevé et reconnu grâce à un signe distinctif, ou encore des histoires où justice et ruse rétablissent l’équilibre. L’ensemble compose un tableau vivant des valeurs, tensions et imaginaires kabyles, où humour, cruauté et sens de l’honneur se mêlent étroitement.
