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Contribution à l'étude du Crédit agricole en Algérie

PHILIPPAR Edmond
publié en 1903

Cette thèse étudie le crédit agricole en Algérie en l’envisageant dans un sens large : il ne s’agit pas seulement du crédit personnel ou mobilier, mais de toute forme de financement accordée à ceux qui vivent de l’exploitation du sol. L’ouvrage est structuré en trois parties : les besoins de crédit, les agents de distribution et le fonctionnement du crédit.

La première partie montre que la conquête, engagée sans plan d’ensemble, a profondément désorganisé les structures foncières existantes. La rupture avec l’administration antérieure, l’absence de règles claires et les spéculations initiales ont provoqué un bouleversement de la propriété. Les politiques foncières ont ensuite oscillé entre confiscations, cantonnement des tribus, reconnaissance de la propriété collective et tentatives d’assimilation juridique. Ces fluctuations ont influé directement sur la sécurité des transactions et sur les conditions d’accès au crédit.

L’auteur souligne la prépondérance de l’agriculture dans l’économie algérienne. Le pays, initialement pauvre en infrastructures, tire l’essentiel de sa richesse du sol. La production céréalière domine largement, en raison de son faible besoin en capitaux et de son adaptation aux conditions climatiques. Elle est pratiquée tant par les colons européens que par les indigènes, selon des méthodes et des régimes juridiques variés. Les autres cultures – vigne, olivier, élevage – prennent progressivement de l’ampleur.

La coexistence de colons européens, d’Arabes et de Kabyles crée une organisation agricole complexe, mêlant faire-valoir direct, fermage, métayage et khamessat. Cette diversité des exploitants et des statuts explique la pluralité des besoins de crédit : avances pour les semences, financement des récoltes, investissements fonciers, amélioration des sols.

La seconde partie retrace l’évolution des établissements prêteurs, depuis la création de la Banque de l’Algérie jusqu’aux caisses locales et régionales de crédit agricole mutuel. La troisième analyse les mécanismes du crédit et propose des ajustements. La conclusion insiste sur la nécessité de distinguer des besoins hétérogènes et d’y répondre par un ensemble cohérent de mesures adaptées au temps et aux réalités locales