La cathédrale du Sacré-Coeur. Sermon de charité en faveur de la cathédrale d'Oran
Coubé Stéphen (abbé)
Ce sermon de charité, prononcé en 1900 en faveur de la future cathédrale du Sacré-Cœur d’Oran, s’inscrit dans une perspective à la fois religieuse et nationale. L’orateur part du constat de l’essor d’Oran, grand port méditerranéen et centre militaire important, symbole de la présence française en Algérie. Il souligne toutefois un contraste : malgré ses édifices civils et ses mosquées, la ville ne possède pas de cathédrale digne de son rang, ce qui constituerait une lacune pour une nation qui se veut porteuse de civilisation et de foi.
Le discours développe l’idée que l’expansion coloniale ne saurait se réduire à des intérêts politiques ou économiques. Toute nation qui conquiert des territoires aurait, selon l’orateur, une mission morale : apporter la justice, la liberté et la civilisation, et, pour une nation chrétienne, proposer la foi. Il insiste sur le rôle du christianisme comme fondement durable de la civilisation, estimant qu’aucun progrès véritable ne peut se maintenir sans lui.
Une critique est formulée à l’égard des premières années de l’occupation, accusées d’avoir négligé l’action missionnaire et laissé s’installer une indifférence religieuse. L’orateur évoque les conséquences de cette orientation, tant dans les relations avec les populations musulmanes que dans les troubles survenus ultérieurement. Il plaide pour une présence catholique visible et structurée, capable de témoigner publiquement de la foi.
La construction d’une cathédrale apparaît ainsi comme un acte symbolique et pastoral : affirmer la vocation chrétienne de la France, offrir un lieu de culte adapté aux fidèles d’Oran, et manifester, par la beauté et la solennité du monument, la dignité du culte. L’appel final invite les auditeurs à soutenir financièrement ce projet, présenté comme un devoir religieux et patriotique.
