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Colonisation de l'Algérie

- anonyme (un officier de l'Armée d'Afrique)
publié en 1847

Ce texte examine la question de la colonisation de l’Algérie après l’achèvement presque complet de la conquête. L’auteur refuse de réduire l’entreprise à une simple mise en valeur agricole destinée à alléger le fardeau financier de la métropole. Il affirme que la colonisation doit concilier devoir moral et intérêt politique : régénérer le peuple arabe en l’associant aux progrès d’une société plus avancée, tout en assurant une domination stable et productive.

Il critique les projets existants, qu’ils privilégient la colonisation exclusivement européenne, les grandes concessions confiées à des capitalistes, ou un système purement militaire. Selon lui, négliger l’élément indigène constitue l’erreur fondamentale. Exproprier ou refouler les tribus ne ferait qu’entretenir l’hostilité. Au contraire, il faut transformer les habitudes nomades, fixer les populations par la construction de villages, l’ouverture de routes, l’apprentissage de la culture et l’accès à une justice régulière. L’exemple des insurrections vendéennes sert à montrer qu’une population respectée et améliorée devient loyale.

L’auteur analyse également les limites de la petite colonisation civile dispersée : concessions insuffisamment préparées, isolement des familles, endettement rapide et concentration finale des terres entre quelques mains. Il met en doute l’efficacité économique des grandes exploitations comme des systèmes administratifs en vigueur.

Sa solution repose sur une combinaison des formes de colonisation, avec un rôle central confié à l’armée. Il propose la création de bataillons coloniaux sédentaires chargés de construire infrastructures et habitations, de défricher et de cultiver en commun. Après trois ans, les soldats recevraient une maison, des terres, un cheptel et un capital constitué par leur part des récoltes. La propriété serait garantie sous condition d’exploitation personnelle.

Ainsi conçue, la colonisation utiliserait simultanément les forces militaires, européennes et arabes, réduirait les coûts pour l’État et viserait l’intégration progressive des populations plutôt que leur exclusion