Relations maritimes entre la métropole et l'Algérie: la crise des grèves, renouvellement et amélioration des conventions postales.
Gouvernement général de l'Algérie
Ce document expose les conséquences des grèves maritimes de 1904 sur les relations entre la métropole et l’Algérie, ainsi que les mesures envisagées pour prévenir de nouvelles crises. Il souligne d’abord la dépendance économique très étroite de l’Algérie à l’égard de la France : la majeure partie de ses exportations agricoles et de ses importations industrielles transite par Marseille, sous le régime du monopole du pavillon national.
Les grèves successives à Marseille ont interrompu les transports, entraînant une forte diminution des entrées et sorties de navires, une chute des tonnages importés et exportés, ainsi qu’un recul marqué des recettes douanières et ferroviaires. Les importations de matériaux, de denrées et de produits manufacturés ont été perturbées, provoquant pénuries et renchérissements. À l’exportation, les effets ont été plus graves encore : ralentissement des ventes de céréales malgré des cours favorables, effondrement des expéditions de vins, quasi-arrêt du commerce des moutons. Les producteurs ont subi des pertes importantes et un climat d’inquiétude durable s’est installé, freinant notamment la culture des primeurs.
Le rapport critique la concentration du trafic entre les mains de quelques compagnies et le cadre réglementaire jugé rigide, en particulier le système de l’inscription maritime et le monopole du pavillon. Plusieurs solutions sont examinées : intervention accrue de l’État en cas de grève, possibilité de réquisition ou de mise en régie des concessionnaires, encouragement à un armement local, diversification des ports de départ, et surtout levée temporaire du monopole au profit des navires étrangers en cas d’interruption majeure des services.
Le texte propose également de faciliter le transit par territoire étranger afin de contourner les blocages, en adaptant l’interprétation des règles douanières. Enfin, il rend compte de la création d’une commission chargée d’étudier ces réformes, avec pour objectif d’assurer à l’avenir la continuité des communications maritimes et la sécurité économique de la colonie.
