Paludisme et trypanosomiase
LAVÉRAN Alphonse
Cet ouvrage présente une étude approfondie du paludisme, envisagé à la fois sous l’angle géographique, étiologique et parasitologique, puis associé à la trypanosomiase dans une perspective de médecine tropicale.
L’auteur commence par décrire la répartition mondiale du paludisme. Il s’agit d’une endémie caractérisée par une distribution inégale, concentrée dans des foyers déterminés. La maladie est rare dans les régions froides et d’altitude, mais fréquente dans les zones chaudes, humides et basses, notamment sur les littoraux, dans les plaines marécageuses, les deltas, les vallées fluviales et les terrains mal drainés. L’Europe méridionale, l’Afrique intertropicale, l’Asie du Sud et du Sud-Est, ainsi que certaines régions d’Amérique et de la Malaisie sont particulièrement touchées. L’altitude, la température, l’humidité et les saisons influencent nettement l’intensité de l’endémie.
L’ouvrage examine ensuite les conditions favorables à l’éclosion du paludisme : stagnation des eaux, sols inondés ou mal assainis, travaux agricoles, périodes pluvieuses. L’assainissement, le drainage et la mise en culture réduisent au contraire la fréquence des fièvres. L’immunité acquise est inexistante ou incomplète, les rechutes étant fréquentes. Certaines populations semblent présenter une tolérance relative, sans protection absolue.
La partie centrale est consacrée à l’agent pathogène, un hématozoaire observé dans le sang des malades. L’auteur retrace l’historique des hypothèses antérieures, puis décrit les formes successives du parasite : corps sphériques amiboïdes, formes segmentées en rosace correspondant à la reproduction asexuée, croissants associés aux formes graves, et éléments flagellés jouant un rôle dans la fécondation. Le cycle évolutif est étudié à la fois chez l’homme et chez le moustique, où s’accomplit une phase essentielle du développement parasitaire. Ainsi est établie la transmission par certains moustiques, qui inoculent le parasite lors de la piqûre.
