Accident de l'impaludisme. Description d'un nouveau parasite trouvé dans le sang des malades atteints de fièvre palustre
LAVÉRAN Alphonse (prix Nobel de médecine)
La découvert du plasmodium falciparum valut à Lavéran le prix Nobel de médecine
Ce mémoire expose et défend l’idée que les accidents de l’impaludisme ont une nature parasitaire. L’auteur part d’un constat anatomopathologique : chez les sujets morts de fièvre pernicieuse, la lésion constante est la présence, dans le sang et les capillaires, d’éléments pigmentés longtemps considérés comme de simples leucocytes chargés de débris hématiques. Ces éléments se retrouvent en abondance dans la rate et le foie, qui prennent une teinte ardoisée caractéristique, mais aussi dans les capillaires du cerveau, du bulbe, de la moelle, des reins, des poumons et des muscles. Dans les formes aiguës, aucun autre organe ne présente d’altération constante en dehors de cette infiltration pigmentaire vasculaire.
L’étude histologique montre que ces éléments sont intravasculaires et que le pigment est disposé en grains arrondis, souvent groupés à la périphérie d’un corps plus large. Dans les cas de cachexie palustre, les éléments pigmentés sont moins nombreux et s’accompagnent de lésions inflammatoires secondaires, notamment d’une hypertrophie et d’une cirrhose splénique.
Pour comprendre la nature de ces corps, l’auteur examine le sang frais de malades atteints de fièvre palustre. Il décrit trois types d’éléments pigmentés distincts : des formes allongées ou en croissant, des formes sphériques munies de filaments mobiles périphériques animés de mouvements très actifs, et des formes sphériques plus volumineuses, immobiles, contenant des grains de pigment. Les mouvements observés, l’organisation régulière du pigment et certaines transformations successives conduisent à interpréter ces éléments comme des parasites vivant dans le sang.
Ces corps ne sont retrouvés que chez les malades palustres et non dans d’autres affections. L’ensemble des constatations anatomiques et microscopiques conduit l’auteur à conclure que les éléments pigmentés observés dans les organes des sujets morts ne sont pas de simples produits de destruction sanguine, mais les formes altérées d’un parasite hématologique responsable des accidents de l’impaludisme.
