Les hématozoaires de l'homme et des animaux
LAVÉRAN Alphonse (prix Nobel de médecine), BLANCHARD R.
Cet ouvrage constitue une étude systématique des hématozoaires de l’homme et des animaux vertébrés, envisagés sous l’angle médical et comparatif. Les auteurs définissent le terme « hématozoaire » comme un regroupement artificiel désignant l’ensemble des parasites animaux vivant dans le sang, appartenant à des groupes zoologiques distincts mais réunis par leur habitat sanguin et leur intérêt pathologique. Ils insistent sur l’importance croissante de ces parasites dans l’étiologie des maladies infectieuses, en particulier depuis la mise en évidence de protozoaires responsables du paludisme.
Le plan adopté distingue trois grandes catégories : protozoaires, trématodes et nématodes. L’étude débute par une analyse détaillée des éléments figurés du sang normal chez l’homme et les vertébrés, afin d’éviter toute confusion entre altérations physiologiques ou artefacts techniques et véritables parasites. Les hématies humaines, disques biconcaves dépourvus de noyau, sont décrites avec précision, ainsi que les différentes variétés de leucocytes et les hématoblastes. Les différences morphologiques entre le sang des mammifères et celui des vertébrés à hématies nucléées (oiseaux, reptiles, batraciens, poissons) sont exposées, avec indication des dimensions et des particularités structurales.
Une large place est consacrée aux altérations non parasitaires des hématies : effets de l’air, de la chaleur, de la dessiccation, de l’eau, de la congélation, ainsi que modifications observées dans les anémies. Les auteurs décrivent les déformations, vacuoles, crénelures et pseudo-parasites pouvant prêter à erreur. Ils détaillent ensuite la technique d’examen du sang frais et desséché, les procédés de fixation et les principaux réactifs colorants, notamment l’éosine et le bleu de méthylène.
L’ouvrage aborde enfin les protozoaires sanguins, en particulier l’hématozoaire du paludisme, dont l’existence, d’abord controversée, est présentée comme solidement établie, ouvrant la voie à une classification encore en cours d’élaboration.
